The Blind Boys of Alabama: le gospel de Noël

«On ne veut pas que les gens qui...

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«On ne veut pas que les gens qui viennent au concert retournent dans le même état qu'ils sont arrivés. On veut qu'ils se sentent mieux lorsqu'ils quittent les lieux.» - Jimmy Carter

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(Québec) Voilà plus de 70 ans que Jimmy Carter entonne des airs gospels au sein des Blind Boys of Alabama. Dieu? «Je le connais et il me connaît», lance en riant le vieil homme, qui s'attaquera au répertoire de Noël jeudi, au Palais Montcalm.

«Mes parents avaient six enfants, raconte Jimmy Carter. Seulement un était aveugle et c'était moi. Je suis très croyant - je ne suis pas parfait, mais je suis croyant. J'ai demandé à Dieu pourquoi il avait pris ma vue alors que tous mes frères pouvaient voir. J'ai découvert que si j'avais été capable de voir, je n'aurais pas fait le métier que je fais aujourd'hui. Chanter, c'est ma mission. Je crois que c'est ce que Dieu voulait que je fasse et c'est pourquoi il a pris ma vue.»

Du haut de ses 80 ans, Jimmy Carter est le seul membre fondateur des Blind Boys of Alabama encore actif. Clarence Fountain participe à quelques événements ou enregistrements, mais il ne peut plus prendre la route pour des raisons de santé. N'empêche, la troupe continue de fonctionner et de connaître le succès avec, à sa tête, trois chanteurs non voyants. Bishop Billy Bowers (chant), Ben Moore (chant), Ricky McKinnie (batterie, voix), Joey Williams (guitare, voix), Tracy Pierce (basse) et Peter Levin (orgue) entourent Carter.

«J'ai une grande responsabilité, admet le vétéran. Mais je sais que j'ai des gens autour de moi qui peuvent chanter. Je me plais, surtout que j'ai des collègues qui, je l'espère, m'aiment et qui m'aident. Tout va bien!»

Gospel un jour, gospel toujours

La petite histoire des Blind Boys of Alabama remonte à 1939, lorsque Jimmy Carter et ses complices de l'époque joignent une chorale à l'Institut pour aveugles noirs de Talladega. Un jour de 1948, le groupe se mesure à un choeur du New Jersey à l'occasion d'une lutte amicale. Pour attirer le public, le D.J. des lieux décide de publiciser la joute comme «la bataille des Blind Boys». Le nom est resté. La vocation gospel aussi.

«On a décidé de ne pas déroger du gospel. On a eu des périodes plus difficiles, mais on adore ce que l'on fait, on aime que les gens viennent nous voir et disent comment ils apprécient notre musique, comment on les touche, alors on ne va pas ailleurs, on reste là, peu importe ce qui arrive. Si d'autres veulent se convertir au R&B, pas de problème, mais les Blind Boys seront toujours un groupe de gospel.»

N'empêche, au fil des ans, les Blind Boys ont joué avec un nombre impressionnant d'artistes de diverses allégeances stylistiques. Les Tom Waits, Tom Petty, Charlie Musselwhite, Allen Toussaint ou encore Bonnie Raitt ont croisé leur chemin. Ils ont même enregistré Take the High Road l'an passé avec des stars du country. Durant une certaine période, le groupe a aussi été hébergé sur l'étiquette de Peter Gabriel, Real World, et a tourné avec l'ex-Genesis.

«Nous avons essayé de rajeunir notre public, et travailler avec des gens comme Peter Gabriel ou Ben Harper nous a aidés. Désormais, il y a plus de jeunes qui viennent à nos concerts», constate Carter.

Du coeur et des choeurs

Pour une formation consacrée au gospel, la période du temps des Fêtes est assurément incontournable. Pas étonnant que les Blind Boys aient déjà enregistré l'album thématique Go Tell It on the Mountain (2003) avec une foule d'invités dont Chrissie Hynde, Michael Franti, Aaron Neville et John Medeski. Une partie des chansons de ce projet seront livrées au Palais Montcalm, jeudi, ainsi que d'autres classiques.

«Durant cette période de l'année, on réalise que pour l'Amérique, c'est le temps où Jésus-Christ est né, souligne Jimmy Carter. Il a apporté de l'espoir au monde. On chante des chansons comme Go Tell It on the Mountain; on chante ces refrains de Noël et on peut sentir la joie que ça apporte. Si ce qu'on entonne vient du coeur, les gens dans la foule peuvent le ressentir.»

Soir après soir, les Blind Boys montent sur les planches avec un plan de match assez bien défini. Or, Jimmy Carter reste le grand patron, et si son instinct lui suggère de défendre une pièce qui n'est pas au programme, il le fait. Aussi, des surprises pourraient se profiler.

«Si je veux changer de chanson, on est ensemble depuis assez longtemps pour pouvoir se le permettre. Tout ce que j'ai à faire, c'est de dire à mon directeur musical que je change de pièce et puis voilà! Il n'y a pas d'interruption, la transition se fait de façon très douce et naturelle...»

Vous voulez y aller?

QUI : The Blind Boys of Alabama

QUAND : jeudi, à 20h

OÙ : Palais Montcalm

BILLETS : 50 $, 20 $ pour les 30 ans et moins

TÉL. : 418 641-6040

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