Gilberto Gil: retrouvailles toutes brésiliennes

Gilberto Gil a opté pour un mélange de... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Gilberto Gil a opté pour un mélange de reprises et de titres moins connus de son répertoire.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Le grand ambassadeur de la musique brésilienne, Gilberto Gil, nous gratifiait d'une rare visite, jeudi, dans un Palais Montcalm très bien rempli. Entouré de six talentueux musiciens, l'artiste de 70 ans a effectué un retour à ses racines et fait la part belle au forró, ce style issu du nord-est de son pays.

Apôtre du métissage, Gilberto Gil n'a pas défendu le forró en se limitant à l'instrumentation traditionnelle. Certes, le zabumba, le triangle et l'accordéon, propres au genre, étaient au menu, mais aussi la guitare électrique, parfois slide, tout comme la basse, de temps à autre slap, ou même la batterie électronique.

Après une longue absence, attribuable aux années où Gil était ministre de la Culture sous le président Lula, on aurait pu s'attendre à ce qu'il serve un programme réunissant ses classiques. Il a plutôt opté pour un mélange de reprises et de titres moins connus de son répertoire. La foule, fort heureuse de renouer avec lui, a eu droit à une Óia Eu Aqui de Novo, de Luiz Gonzaga, où Gil s'est permis des pas de danse, à des passages où le leader imitait ce que son guitariste jouait ou encore à une Expresso 2222 dynamique. Or, devant ces titres moins fédérateurs, on sentait le public passif malgré lui.

Décollage

Le vent a tourné à mi-chemin, lorsque Gil a sorti deux titres permettant la danse xote : soudain, ça s'est mis à chanter dans les rangs. Puis, quand il a enchaîné Three Little Birds et, surtout, sa version de No Woman No Cry, de Bob Marley, le concert a véritablement décollé et les pièces du puzzle sont tombées en place. On appréciait le charisme de Gil, toujours en voix, la complicité qu'il entretenait avec ses fans, ainsi que la qualité des musiciens qui l'entouraient, parfaitement synchro. D'ailleurs, c'est à une pièce instrumentale, mettant en valeur chaque membre de la troupe, que les spectateurs ont réservé la première ovation de la soirée.

Le temps d'une chanson, Gilberto Gil s'est permis une superbe ballade, Lamento Sertanejo, sur laquelle la belle dynamique qui existait entre son violoniste et son accordéoniste était du bonbon pour les oreilles. Quant à la fin du spectacle, où il a sorti ses succès, elle a pris l'allure d'une grande fête : le Palais Montcalm en entier était debout pour danser et taper des mains au son des Esperando Na Janela et Madalena. Des retrouvailles qui ont mis un certain temps avant d'être chaleureuses, donc, mais qui n'ont pas moins dessiné des sourires sur tous les visages.

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