Agnès Grossmann et le Choeur national de Taiwan: la soif d'apprendre

Le Choeur national de Taiwan est formé de...

Agrandir

Le Choeur national de Taiwan est formé de professionnels qui enseignent le chant ou la musique et réunit plus de 40 voix.

Partager

Sur le même thème

(Québec) Agnès Grossmann passe une bonne partie de sa vie entre l'Asie, où elle se rend plusieurs fois par année diriger des concerts, et son appartement de l'île des Soeurs, qu'elle habite depuis 1986. La différence cette fois-ci, c'est qu'elle traverse le Pacifique en compagnie des membres du Choeur national de Taiwan, un ensemble professionnel réunissant 44 voix, pour une tournée de concerts en Amérique du Nord. La première escale est prévue ce soir à la salle Louis-Fréchette en ouverture de la saison du Club musical de Québec.

Agnès Grossmann... - image 1.0

Agrandir

Agnès Grossmann

Au programme, des oeuvres d'Anton Bruckner (Locus iste, Ave Maria, Christus factus est et la Messe n° 2 en mi mineur pour choeur mixte à 8 voix et 15 instruments à vent) et de Felix Mendelssohn (Hear My Prayer et Te Deum). Entrevue avec la chef d'orchestre et globe-trotteuse autrichienne.

Q Agnès Grossmann, vous êtes arrivée au Québec en 1986 pour prendre la direction de l'Orchestre métropolitain, que vous avez assumée pendant neuf ans. Comment vous êtes-vous retrouvée à la tête du Choeur national de Taiwan?

R J'ai travaillé avec ce choeur une première fois en 2000 comme chef invité. Nous avions fait la Cantate Faust de Schnitke, une oeuvre magnifique. Je me suis dit : «Wow! C'est déjà une chorale assez impressionnante.» J'en suis devenue la directrice artistique en 2006. L'idée, c'était de développer une chorale qui est capable de répondre à tous les besoins, en développant un répertoire baroque, de la Renaissance, classique, romantique et contemporain. C'est toujours une session très intensive quand je vais là-bas. On fait de 8 à 10 répétitions avant chaque concert. Ce sont des conditions excellentes pour développer le répertoire en profondeur.

Q Comment un pays comme Taiwan en arrive à se doter d'un choeur national pour interpréter de la musique occidentale? Comment cela s'explique-t-il culturellement parlant?

R Le ministère de l'Éducation de Taipei finance cette organisation. Voyez-vous, cet été, nous avons fait La flûte enchantée de Mozart. Il y avait deux distributions, l'une avec de jeunes chanteurs européens, l'autre avec des solistes de la chorale qui se produisait en tournée dans les écoles. C'est très bien organisé en terme de développement. Chaque année, il y a un concours pour les choeurs des écoles. La musique classique joue un rôle principal dans l'éducation. Le Choeur national regroupe des chanteurs qui ont terminé leurs études à l'université, qui enseignent, qui sont encore jeunes, mais qui font déjà carrière aux États-Unis ou en Europe.

Q On dirait bien que l'avenir de la musique classique occidentale se joue en Asie?

R Vous avez tout à fait raison. J'ai l'impression que la musique classique joue un rôle important dans la vie en Asie. Je crois vraiment que c'est l'avenir. Ça fait partie de leur culture déjà. À Tokyo, chaque jour, il y a six concerts. Dans cette ville seulement, on retrouve 10 orchestres. On sent une passion pour la musique classique. C'est bien différent de ce qu'on constate au Canada, avec tout ce qui s'est passé à Radio-Canada, où la musique classique a été pratiquement éliminée. C'est excitant de voir l'engagement pour la musique classique. On la fait avec le coeur. Il règne un esprit de découverte qui est magnifique.

Q Le public suit?

R Absolument. Et c'est très encourageant parce qu'il y a un jeune public pour la musique classique. Ils ont compris qu'il est nécessaire d'inclure la musique classique dans leur culture. C'est incroyable ce qu'ils font financièrement parlant. Ils veulent se développer au maximum.

Q Pouvez-vous nous parler du choeur, de ses caractéristiques? Ce sont des voix jeunes...

R Ce qui est impressionnant entre autres, ce sont les aigus des sopranos, chantés avec une aisance et une clarté. Au début, il y avait un problème en termes de couleur, à cause de la langue probablement, qui est très brillante, ce qui donne un son très brillant. Le défi, c'est d'arrondir. C'est la même chose au Japon. Le «é» et le «i» sont un peu dans la gorge. Ça a pris un certain temps avant de trouver les résonances nécessaires et d'obtenir un son profond et riche, surtout pour la musique romantique. Mais la chose extraordinaire, c'est qu'ils sont capables de faire des aigus impeccables pour la musique baroque.

Q Comment montre-t-on à de jeunes Chinois à chanter en latin?

R Ou alors en français ou en allemand? Nous avons des assistants et des coachs sont invités pour préparer l'oeuvre qu'on va travailler. Les Chinois sont capables d'apprendre en vitesse, ils sont intelligents et, surtout, ils veulent vraiment apprendre. C'est peut-être la chose la plus importante. Il y a aussi au moins 10 chanteurs et chanteuses qui enseignent la musique et autant qui dirigent des chorales. Pour eux, ça fait partie de leur évolution musicale.

Q La Messe en mi mineur de Bruckner constitue le plat de résistance du concert. On y trouve plusieurs passages a cappella. C'est tout un défi pour la justesse...

R Ça demande beaucoup de travail. Chanter a cappella n'est jamais acquis. Mais c'est important pour cette chorale. Ça fait partie du développement. C'est quelque chose qui est à retrouver et à retravailler tout le temps.

VOUS VOULEZ Y ALLER?

Qui : le Choeur national de Taiwan

Où : salle Louis-Fréchette

Quand : aujourd'hui à 20h

Billets : de 42 $ à 85 $

Tél. : 418 643-8131

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer