Sophie Hunger, chanteuse du XXIe siècle

Sophie Hunger offre des chansons très personnelles qui... (Photo Festival de jazz de Québec)

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Sophie Hunger offre des chansons très personnelles qui puisent à tous les styles et attirent des collaborateurs comme Brad Barr et Josh Klinghoffer, le guitariste des Red Hot Chili Peppers.

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(Québec) Sur The Danger of Light, Sophie Hunger interprète Jacques Brel et Bob Dylan, qu'elle aime beaucoup. Mais ne vous y trompez pas : «Je suis une enfant du XXIe siècle», dit la chanteuse de 29 ans. En effet. Ses chansons très personnelles amalgament tous les styles, du jazz à la pop luxuriante, et attirent des collaborateurs comme Brad Barr et Josh Klinghoffer. Et devinez avec qui elle partage la scène à Québec? Le réputé trompettiste Erik Truffaz. Rien de moins.

Sophie Hunger n'est pas une chanteuse de jazz au sens conventionnel du terme. Elle-même dit faire de la chanson. Bien sûr, sa musique flirte avec la note bleue et le cabaret noir. Et elle a chanté sur deux pièces du dernier Truffaz, In Between (2010). Les deux musiciens vont évidemment collaborer au Capitole, vendredi prochain.

«C'est clair. Surtout à l'autre bout du monde, c'est très spécial. Comme je le connais, on va décider ça 10 minutes avant d'entrer en scène.» C'est cette association qui l'a aidée à obtenir des invitations au Festival de jazz de Mont­réal cette année-là et à celui de Québec ces jours-ci - bien qu'elle soit déjà venue dans la capitale avec Madeleine Peyroux et cet été avec Adam Cohen.

Mais la connexion avec la sphère du jazz vient surtout du fait que sa relation avec la musique est très organique. C'est sur scène qu'elle se sent le plus vivante, confie-t-elle en rigolant au Soleil, dans une entrevue téléphonique détendue et sympathique depuis Paris.

Elle n'a jamais vraiment réfléchi sur ce qui la poussait à faire de la musique, outre le plaisir évident qu'elle en retire, pas plus que l'auteure se creuse la tête sur ce qui l'inspire. «La vie, les gens, il n'y a pas de thème spécial. Je ne comprends pas trop comment ça marche», avoue Sophie Hunger.

Ce qui explique peut-être les nombreux points d'interrogation qui ponctuent ses textes, non? «Je ne m'en suis pas rendu compte [quand j'ai écrit]. Il va falloir que je me penche là-dessus.» Quand on lui fait remarquer qu'on préfère les gens qui se posent des questions à ceux qui prétendent avoir les réponses, elle éclate d'un grand rire franc.

Diversité

La pianiste aborde la musique sans complexe, en puisant à tous les styles, de la même façon qu'elle chante indifféremment en anglais ou en allemand, plus rarement en français, selon l'inspiration du moment. Une diversité langagière qui apparaît tout à fait naturelle à la Suisse-Allemande.

Qui ne s'est donc pas trop posé de questions au moment de reprendre Le vent nous portera, de Noir Désir, sur son disque 1983 (paru en 2010). «Je n'étais pas très sensibilisée à toutes ces questions [relatives à l'homicide de Bertrand Cantat sur Marie Trintignant]. Bien sûr, je l'ai été ensuite par des Français. Mais ce qui compte, c'est la musique. C'est beaucoup plus grand que l'histoire privée de cet homme. Personne n'a à juger ce qui est arrivé puisque personne d'entre nous n'était présent.»

Paradoxalement, c'est cette interprétation qui lui a assuré une certaine renommée dans la Francophonie - plusieurs ignorant totalement l'origine de la chanson. Mais cette réappropriation a plu, notamment à Salomé Leclerc. Quand cette dernière l'a jouée au dernier Festival d'été de Québec, elle a précisé vouloir l'interpréter à la Sophie Hunger.

«C'est génial, j'en suis très heureuse si je peux toucher les gens avec ma version.» Alors, elle sera au menu à Québec? «Pourquoi pas? Je n'ai pas encore décidé. Ça serait une bonne idée. Alors je la fais», décide-t-elle spontanément.

Son lien avec le Québec ne se limite pas à Salomé Leclerc, une autre chanteuse créative et originale. Lors d'une visite au studio montréalais Hotel2Tango, en 2011, on lui a remis le CD des Barr Brothers. Ensuite, «on n'a écouté que ça pendant notre mois de tournée. Quand je suis revenue à Montréal [pour enregistrer], on m'a demandé si je voulais des musiciens spéciaux. J'ai demandé les Barr Brothers.» Brad Barr (guitares) et Sarah Page (harpe) ont pu jouer sur Das Neue. «C'était vraiment génial», s'exclame-t-elle avec un enthousiasme rafraîchissant.

Sophie Hunger a toutefois eu la totale avec Josh Klinghoffer. Le réalisateur Adam Samuels a expédié les démos de Danger of Light au guitariste des Red Hot Chili Peppers. Celui-ci a tellement aimé qu'il joue sur une dizaine de pièces. «J'ai eu beaucoup de chance qu'il ait le temps et le goût de le faire.»

Peut-être a-t-il su qu'elle joue de la guitare «comme une princesse punk», aime bien les improvisations jazzées au piano et souffle dans l'harmonica dans la grande tradition folk.

Quand on vous disait que sa musique ratisse large!

Vous voulez y aller?

QUI : Sophie Hunger et Erik Truffaz

QUAND : 26 octobre, 20h

OÙ : Capitole de Québec

BILLETS : de 28 $ (étudiants) à 53 $

TÉL. : 418 694-4444

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