Sharon Jones & The Dap-Kings: la soul de l'agente correctionnelle

Sharon Jones et les Dap-Kings seront au Palais...

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Sharon Jones et les Dap-Kings seront au Palais Montcalm samedi.

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(Québec) Sharon Jones est l'une des voix les plus chaudes que les États-Unis nous aient données ces dernières décennies. Et les Dap-Kings, qu'on a entendus tant auprès d'Amy Winehouse que de David Byrne et de St. Vincent, est le groupe qui rend le mieux la soul des années 60 et 70. Il était presque écrit dans le ciel qu'en faisant équipe, les musiciens qui seront au Palais Montcalm, samedi, feraient un malheur.

Quand nous l'avons jointe, sur son téléphone portable, Sharon Jones avait troqué son micro pour une canne à pêche. À bord d'une barque voguant sur un lac de Caroline du Sud, la chanteuse s'offrait une pause avant de reprendre la route des concerts. Il faut dire que depuis qu'elle s'est jointe aux Dap-Kings, en 1996 [baptisés The Soul Providers, à l'époque], son agenda et celui de son groupe se sont mis à se remplir. De sensation underground, la formation est devenue un succès grand public, à témoin son quatrième album, I Learned the Hard Way (2010), qui a débuté en 15e position au palmarès Billboard.

«Ç'a pris du temps avant que tout le monde entende parler de nous, car seulement les radios étudiantes nous faisaient tourner. On était underground au départ, mais on a fait notre place et, désormais, les gens prêtent l'oreille à ce que nous faisons.»

De la prison à la scène

Fondés par le bassiste et directeur musical, Gabriel «Bosco Mann» Roth, les Dap-Kings se sont taillé une solide réputation. Interprétant la soul et le funk tels qu'ils étaient défendus dans les années 60 et 70, les musiciens mettent de l'avant un son retro, de même qu'un look à l'ancienne.

Pour sa part, Sharon Jones a toujours été passionnée de soul, mais elle a eu du mal à vivre de son art, qu'importe sa voix impressionnante. À la fin des années 80, elle évoluait dans une prison comme agente correctionnelle.

«Mais même quand j'étais au centre correctionnel, j'étais dans des groupes qui chantaient à des mariages, et on faisait des reprises, principalement de Motown», précise-t-elle.

Jones a croisé la route des Dap-Kings au milieu des années 90. Le groupe, qui travaillait alors à un disque funk inspiré de James Brown, cherchait à recruter Lee Fields et à constituer un choeur féminin. Jones n'est pas restée dans l'ombre longtemps...

Quand on écoute la chanteuse et les Dap-Kings, on a souvent l'impression de faire tourner un vinyle gravé il y a belle lurette. Outre le style qu'elle chérit, la bande se fait un honneur d'enregistrer avec de l'équipement analogique. Or si les Dap-Kings affectionnent une approche qui n'est plus prisée aujourd'hui, ils y trouvent toute la latitude voulue pour s'exprimer. D'ailleurs, I Learned the Hard Way est un album aux couleurs diverses, où Jones démontre toutes les facettes de sa voix.

«Je suis contente qu'on ait notre propre label, car, autrement, on nous pousserait toujours à faire les mêmes choses sous prétexte que les gens veulent nous entendre faire ce qu'on a déjà fait. On doit essayer différents trucs et, en spectacle, on peut varier les plaisirs.»

Va-et-vient

Pour une troupe de musiciens-accompagnateurs, les Dap-Kings se sont longtemps distingués par leur stabilité. Or les années passant, les petites familles des membres se sont mises à bourgeonner, si bien que certains n'effectuent plus de tournées. Sharon Jones assure cependant que le public n'y verra que du feu, samedi, puisque avec les instrumentistes recrutés pour remplacer les absents, une belle complicité s'est développée.

«Bosco, le bassiste qui est notre leader et compositeur principal, ne tourne plus avec nous. Il s'est établi en Californie avec sa famille et fait beaucoup de réalisation et d'écriture. Mais nous avons une bassiste, Hagar Ben Ari, on l'appelle Foxy H, et elle cadre bien. [...] Dave, le trompettiste, vient d'avoir un bébé et s'est établi dans le nord de New York, alors de temps à autre, il s'absente, car il veut être près de son enfant. Il y a donc des changements, mais il y a des éléments de stabilité : moi, je ne peux pas m'absenter! Je dois toujours être là!»

Vous voulez y aller?

QUI : Sharon Jones & The Dap-Kings

QUAND : samedi, à 20h

OÙ : Palais Montcalm

BILLETS : 50 $ (20 $ pour les 30 ans et moins)

TÉL. : 418 641-6040

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