La belle histoire de Michel Fugain

Le père du Big Bazar s'est amené accompagné... (Photo Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Le père du Big Bazar s'est amené accompagné d'une grande malle remplie d'anecdotes, d'observations, d'opinions, de récits parfois graves, mais souvent rigolos.

Photo Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) Comme son dernier album, la tournée qui a amené Michel Fugain à Québec lundi s'intitule Bon an mal an... Mais elle aurait tout aussi bien pu être coiffée du titre Une belle histoire. À cause de sa chanson fétiche, certes, mais aussi parce qu'au fil de ce concert, le pétillant chanteur français se raconte en même temps qu'il offre une rétrospective musicale.

Il ratisse large, M. Fugain, avec ce nouveau spectacle. Et il se montre généreux : plus de 35 titres inscrits au programme. Plusieurs tirés de son dernier album, paru cette année, et bon nombre de chouchous du public. Pas nécessairement dans cet ordre : le chanteur avait une histoire à raconter, hier, et c'est cette histoire qui a dicté son programme musical.

Le père du Big Bazar ne voyage pas léger. Il s'est amené à la Salle Albert-Rousseau accompagné de six musiciens et d'une grande malle remplie d'anecdotes, d'observations, d'opinions, de récits parfois graves, mais souvent rigolos. Il a ouvert les compartiments un à un, dévoilant des blocs de chansons regroupées par thèmes : des rêves aériens (la nouvelle Funambule côtoyant le classique Fais comme l'oiseau), la jeunesse (Dis oui au maître, Les gentils, les méchants...), l'arrivée à Paris (On laisse tous un jour, Les années guitare), l'amour... L'ouverture de cette parenthèse nous a amenés directement à Une belle histoire, la chanson qui change tout, «celle qui paie la maison, le gazon, le paillasson», puis à l'époque du Big Bazar (La fête, Bravo Monsieur le monde, Les Acadiens), qui a galvanisé la foule avant l'entracte.

Contrastes

La deuxième partie du concert donnera lieu à des moments chaleureux (Les Sud-Américaines), mais à d'autres, infiniment plus graves. Michel Fugain s'est fait intense pour évoquer la guerre en Afghanistan (Un enfant) et dénoncer le fascisme avec La bête immonde, qu'il a reprise par deux fois après s'y être accroché. «Je me suis planté et je ne veux pas me planter sur cette chanson», s'est-il excusé. «C'est pas grave, on t'aime!» a lancé une spectatrice.

À 70 ans, Michel Fugain a encore l'air d'un gamin sur scène : il danse, sautille, tournoie, souligne les effets dramatiques à grands gestes. Il a offert hier un spectacle réglé au quart de tour. Tellement que la spontanéité en a un peu souffert par moments.

Il s'est toutefois rattrapé de superbe façon au rappel, en racontant les circonstances qui ont mené à la création de l'immortelle Je n'aurai pas le temps. Une mélodie qui lui est «tombée dessus» en cinq minutes, juste avant de passer à table. «Cinq minutes, une vie», a-t-il résumé.

Le spectacle s'est terminé dans un instant de communion, alors que la foule debout a entonné Chante avec Fugain. Ce dernier, l'air ému, a ajouté une pièce au programme, livrée a capella et dédiée à l'ami Max Gros-Louis, bien installé au parterre, ainsi qu'aux étudiants québécois «qui se sont bien battus». «Soyez heureux!» a-t-il lancé au public avant de quitter la scène. Toute une fin de soirée!

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