«Je tiens ça de mon grand-père Edwin, explique celui qui se prépare à incarner le personnage d'Alfredo dans La Traviata. Il était, lui aussi, droit comme une barre et fort comme un boeuf. Guy, mon père, est lui aussi une force de la nature.»
Notez bien que l'entraînement n'a rien à voir avec la taille de ses biceps. «Moi, les exercices, j'haïs ça, avoue le ténor. Par contre, j'aime le travail extérieur. Charrier de la pierre ou du bois, ça ne me dérange pas.»
Ses amis savent qu'en cas de besoin, pour déménager un frigo par exemple, on peut toujours compter sur lui. «Chanter, ça demande beaucoup d'énergie et de concentration. Quand on est en période de production, comme en ce moment, on y passe la journée. On doit travailler la mise en scène, suivre les instructions du chef. À un moment donné, il faut pouvoir changer d'air.»
Il a beau appartenir à une célèbre famille de chanteurs et de musiciens de Québec, Antoine Bélanger a découvert sa vocation un peu sur le tard, et un peu par hasard. S'il s'est présenté aux auditions en chant au Cégep de Sainte-Foy, au retour d'une année dans l'Ouest canadien, c'était pour améliorer ses chances. Une fois admis, son intention était de passer le plus rapidement possible au trombone, son instrument favori. Finalement, il s'est pris au jeu, a oublié le trombone et s'est fait chanteur.
Sa carrière a démarré rapidement. C'est vrai que les voix de ténors sont plus en demande, fait-il remarquer. Du reste, sa taille et son physique l'avantagent nettement. Mais il a surtout eu la chance de se trouver au bon endroit, au bon moment.
Bélanger s'estime extrêmement chanceux de compter parmi ses rôles de prédilection ceux de Rodolfo dans la Bohème, de Don José dans Carmen et de Faust dans l'opéra du même nom.
Cette Traviata présentée par l'Opéra de Québec est déjà sa troisième depuis ses débuts professionnels. L'oeuvre fait partie de celles qui viennent le chercher «physiquement».
Un personnage bouillant
«Alfredo est un personnage bouillant, rappelle le ténor. Ça reste un jeune homme. C'est pour ça qu'il a tendance à péter les plombs. Mais il a de la prestance. Il doit garder cette droiture que son père lui a inculquée. Le personnage doit rester le personnage.»
Reste que cet Alfredo débarque de la Provence. «Il n'a pas l'habitude de toutes ces fêtes. Il y participe uniquement pour avoir la chance de voir Violetta. Il faut que ça se sente, cette sorte d'attraction là.»
Antoine Bélanger se dit par ailleurs heureux de pouvoir chanter en compagnie du baryton Gaétan Laperrière. Ce dernier songe en effet à faire ses adieux à la scène. Le personnage Germont qu'il incarne dans la production à l'affiche au Grand Théâtre dans quelques jours sera vraisemblablement le dernier de sa carrière.
Notre jeune ténor, lui, a évidemment bien des projets en tête. En ce moment, c'est le rôle de Pinkerton, dans Butterfly, qui apparaît dans sa mire. Aucun contrat n'est encore signé. Mais la lueur qui brille dans ses yeux lorsqu'il en parle indique que cela ne saurait tarder.
Vous voulez y aller?
Quoi: l'Opéra de Québec présente La Traviata de G. Verdi
Qui: avec Laura Whalen, Antoine Bélanger et Gaétan Laperrière
Quand: le 20 octobre à 19h et les 23, 25 et 27 octobre à 20h
Où: salle Louis-Fréchette
Billets: 48 $ à 122 $
Tél.: 418 529-0688, 1-877 643-8131