Cette année marque le 30e anniversaire du tout premier album d'Asia, éponyme, qui réunit la plupart des grands succès de la troupe. Les vieux routiers n'ont donc pas tardé à plonger dans leurs classiques: ils ont ouvert avec l'incontournable Only Time Will Tell.
D'abord prudents et pas entièrement arrimés, ils sont rapidement retombés sur leurs pattes avec Wildest Dreams, qui leur permettait de mettre de l'avant leur savoir-faire. John Wetton, affichant sa voix des beaux jours, était la pierre d'assise du band, tandis qu'autour de lui ses comparses y allaient de leurs prouesses respectives.
Howe pinçait sa six cordes à renfort de lignes sinueuses, Downes, qui a le doigté encore fluide, abusait quelque peu de ses sonorités datées des années 80, tandis que Palmer était éblouissant derrière ses fûts. La bande a ainsi eu droit à une ovation avec Time Again et su faire très bien passer de nouvelles pièces comme le simple Face On the Bridge.
Individualisme
Si Asia revit depuis cinq ans avec ses membres originaux, on ne peut pas dire qu'on a toujours l'impression de voir un groupe à l'oeuvre. Les quatre artistes ont en effet tous une carrière solo et le concert qu'ils ont donné soulignait à grands traits leur apport individuel.
Après cinq chansons, Steve Howe s'est lancé dans deux titres acoustiques plus ou moins intéressants, qui ont miné le rythme du spectacle. Wetton et Downes ont pris le relais avec une section intimiste, où la toujours appréciée The Smile Has Left Your Eyes mettait à l'honneur le chant du bassiste.
Quelques pièces plus tard, c'était au tour de Palmer d'avoir droit aux projecteurs. Son solo de batterie a littéralement soulevé la foule. Il faut dire qu'à 62 ans, il sait encore tout faire à la batterie, étant mélodique, inventif et dynamique, tant sur les peaux de tambours que sur ses cymbales, où il faisait rouler ses baguettes.
Or voilà, c'est quand les gars oeuvrent tous ensemble qu'Asia est à son meilleur. On l'a réalisé dans la dernière ligne droite de la soirée, avec des pièces comme Open Your Eyes et Sole Survivor. Quant à l'incontournable Heat of the Moment, elle a été le bonbon que tous attendaient, en rappel. Une soirée au contenu nostalgique, donc, mais avec des vétérans qui sont encore en pleine possession de leurs moyens.