OSQ: une entrée en scène exaltante

Entre la flamme et la tendresse, l'humour et... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Entre la flamme et la tendresse, l'humour et la légèreté, Fabien Gabel a puisé dans la musique de Strauss des trésors d'inspiration.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Fabien Gabel aime énormément Richard Strauss et cela se voit. Pour ouvrir la nouvelle saison de l'Orchestre symphonique de Québec (OSQ), sa première à titre de directeur musical, le jeune chef avait notamment choisi de diriger la suite du Chevalier à la rose. Son interprétation traduisait un attachement si puissant et si communicatif que personne n'aurait pu y rester indifférent. Jusqu'à la courroie de sa veste qui n'a pas résisté!

On a donc eu droit à un déferlement de passion, mercredi soir, à la salle Louis-Fréchette. L'OSQ a répondu aux appels de son nouveau patron avec une vigueur renouvelée.

On sentait les instrumentistes unis derrière lui. J'avoue avoir parfois du mal avec la musique de Richard Strauss. Mercredi soir, elle m'a émerveillé. Entre la flamme et la tendresse, l'humour et la légèreté, Gabel y a puisé des trésors d'inspiration.

L'enchantement s'est poursuivi dans La valse de Ravel. On a pu noter autant de recherche et de raffinement dans le timbre que de puissance dans la projection ou d'énergie dans le rythme.

Il fallait aussi entendre cette souplesse du mouvement, cette fluidité, ce muscle qui donnaient à l'exécution l'allure d'un grand et irrésistible élan ascendant. Avec un dynamisme remarquable, Fabien Gabel a fouetté sa troupe sans relâche jusqu'à l'éclatement final.

La première partie marquait le retour de James Ehnes, virtuose chéri du public de Québec. Le violoniste a fait la conquête du sublime Concerto de Brahms d'une manière élégante et virile. C'est le héros sans peur et sans reproche qui jamais ne se laisse désarmer par l'oeuvre.

Aucune faille dans l'armure. Cela dit, le résultat frise la perfection. Il fallait sentir cette liberté miraculeuse dont témoignait son jeu, après le retour de la cadence, au premier mouvement. Fabien Gabel l'a accompagné d'une manière attentive et appliquée. Les deux hommes ont semblé communiquer de mieux en mieux d'un mouvement à l'autre.

Leur complicité s'est prolongée le temps d'une Méditation présentée sur une scène aménagée à l'extérieur, Ehnes au violon, Gabel au piano. Exécution magnifique, météo parfaite.

ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE QUÉBEC. Direction: Fabien Gabel, chef d'orchestre. Soliste: James Ehnes, violoniste. Brahms: Concerto pour violon en ré majeur. R. Strauss: suite du Chevalier à la rose. Ravel: La valse. Mercredi soir à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre de Québec.

On peut visionner la captation audio-vidéo du concert sur le site d'Espace musique (espace.mu) pendant les 30 prochains jours.

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