La troupe pilotée par Ian Astbury (voix) et Billy Duffy (guitares), moribonde depuis des années, connaît un impressionnant second souffle avec la parution de Choice of Weapon. D'ailleurs, le fait que les gars aient intégré six nouvelles chansons à leur concert, dont une qu'on ne trouve que sur la version deluxe du disque, ne ment pas: ils sont loin de ne carburer qu'à la nostalgie...
Faisant leur entrée sur des chants amérindiens, les quatre musiciens, augmentés du fidèle guitariste de tournée Mike Dimkich, se sont lancés dans Lil' Devil. Même si la foule n'était pas nombreuse, elle était enthousiaste pour deux: tout le monde s'est levé et a hurlé son approbation bruyamment. Quant au band, il sonnait comme une tonne de briques, à commencer par Duffy et sa Gretsch, bien servis par l'acoustique du Grand Théâtre. Hormis Embers, qui a ralenti le rythme en début de programme, le concert a roulé sur les chapeaux de roue, les Honey From a Knife, Lucifer ou For the Animals nouveaux s'insérant parfaitement dans les The Phoenix, Wild Flower ou She Sells Sanctuary.
La voix d'Astbury
Si l'on ajoute à cela que The Cult compte depuis 2006 une redoutable section rythmique, composée de John Tempesta (batterie) et Chris Wyse, aussi inventifs que solides, le scénario semblait parfait pour un show mémorable. C'était bon, mais il y avait un gros bémol: la voix d'Ian Astbury. Le chanteur, qui arborait verres fumés, veste à col de fourrure et longs cheveux noués, était loin dans le mix. Peut-être s'entendait-il mal (il a régulièrement ajusté ses oreillettes), mais il hurlait ses textes sans la moindre nuance. Qui plus est, ses lignes sortaient par à-coups, comme s'il était à bout de souffle. Plusieurs pièces, dont Fire Woman, The Wolf ou Life Greater Than Death, en ont souffert. En revanche, sur Love Removal Machine, où il s'est dénoué les cheveux et a retiré ses lunettes, il affichait son aplomb des beaux jours. Le hic? On était rendu au rappel... Un bon spectacle, donc, quoique bref (à peine une heure 30 minutes), mais pas les retrouvailles incendiaires qu'on aurait souhaitées.
Gloryhound
Un peu plus tôt, la formation canadienne Gloryhound a mis la foule dans le bain avec son rock sans fioriture. C'était défendu avec une énergie contagieuse et des moments sympathiques, comme ce solo de guitare twin. En revanche, pas sûr que c'était nécessaire d'ajouter Murder of Crows au menu, en début de soirée. Le quintette californien avait de l'assurance sur le plan musical, mais son chanteur, Ace, n'avait ni voix, ni charisme. Pénible.