The Tea Party: redémarrer la machine

Jeff Martin n'a rien perdu de sa voix... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Jeff Martin n'a rien perdu de sa voix grave, assurée et puissante, ni de son aplomb à la six-cordes.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Reformé en 2011 à la suite d'un hiatus de six ans, The Tea Party s'applique à démontrer ces jours-ci qu'il n'a rien perdu de sa pertinence. Bien que son rock métissé tour à tour d'électronica et de world ait toujours de la gueule, le concert que la troupe a proposé jeudi, à Expo Québec, était inégal, les moments forts ayant pour contrepoids des longueurs ou des creux de vague.

Si l'on fait fi de leur halte à Lévis, l'an dernier, il faut remonter passablement loin dans le temps pour identifier le dernier passage de Jeff Martin (voix, guitares), Stuart Chatwood (basse, claviers) et Jeff Burrows (batterie) dans la région. Premier constat? Martin n'a rien perdu de sa voix grave, assurée et puissante, ni de son aplomb à la six-cordes. Burrows, qui affectionne toujours une imposante crinière, demeure une tempête fort efficace derrière la batterie. Quant au polyvalent Chatwood, il fait du solide boulot pour souder le jeu de ses collègues.

«Salut mes amis», a lancé Jeff Martin en début de concert, dans un français qu'il admettait rouillé. La bande a ouvert avec une The River appréciée, puis a enchaîné avec The Bazaar. Le ton était donné : The Tea Party avait décidé de se concentrer sur son répertoire des années 90, ne faisant qu'une entorse à cette règle.

Alors qu'on sentait la soirée prendre un bel élan, le trio a servi coup sur coup quatre titres lents ou nuancés. Dans le lot, la reprise de The Messenger, de Daniel Lanois, avec un clin d'oeil à Jolie Louise. Fait cocasse, Jeff Martin a dû interrompre son interprétation lorsqu'un train qui passait s'est fait entendre - les joies d'un show à l'Expo...

En salle svp

Il a fallu attendre la moitié du concert pour que la performance reprenne son élan, avec l'acoustique Sun Going Down, le classique Save Me ou encore Heaven Coming Down. À son habitude, le trio s'est plu à insérer çà et là des fragments de reprises, comme Nobody's Fault But Mine, popularisée par Led Zeppelin, ou All Along The Watchtower, d'Hendrix.

Au moment où on les sentait sur une lancée, les gars ont de nouveau mis le concert au neutre avec Release, mais ont fini en beauté sur Temptation. Ne manquait que Sister Awake, qui s'est pointée en rappel, doublée d'une version de Paint It Black, des Stones.

Ce n'était peut-être pas des retrouvailles impeccables, or quand ça marchait, ça fonctionnait à merveille. C'est que les gars sont des musiciens impressionnants et ils comptent sur un répertoire riche. Voilà qui donne envie de les entendre dans un contexte qui les servirait mieux, en salle. Chose certaine, la foule honnête qui s'était déplacée a accueilli le trio chaleureusement : «Il n'y a pas de meilleur public au monde», a assuré Martin.

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