Soirée lyrique du Festival d'opéra: la pluie et le vent ont le dernier mot

Marie-Josée Lord... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Marie-Josée Lord

Le Soleil, Pascal Ratthé

Richard Boisvert
Le Soleil

(Québec) Plus de 2000 braves se sont déplacés pour entendre Marc Hervieux et ses amis à l'Agora du Vieux-Port, dimanche, à l'occasion de la soirée de clôture du Festival d'opéra de Québec. Avec le temps chaud, humide et sans vent qui régnait au début du concert, on a voulu croire un instant à la clémence du ciel. Hélas, une quarantaine de minutes plus tard, une forte pluie accompagnée d'éclairs et de tonnerre s'abattait sur le site. Les organisateurs n'ont eu d'autre choix que d'annuler la représentation.

La foule n'aura finalement eu le temps d'entendre que quatre airs et deux extraits orchestraux. Dommage. Vocalement parlant, Marc Hervieux pétait le feu. C'est d'une voix pleine de soleil et de sourires, et en faisant preuve d'une décontraction totale, que le ténor a attaqué Mattinata, un air légendaire de Leoncavallo. Cette musique correspond exactement à son tempérament. Je dirais qu'elle se colle à sa personne comme une seconde peau. Il s'est donné tout entier à son interprétation et celle-ci a été saluée par des acclamations bien méritées.

Marie-Josée Lord avait choisi d'ouvrir la soirée par le célèbre Habanera tiré du Carmen de Bizet, un air qu'elle a entrecoupé de nombreuses respirations. Apparemment, les techniciens n'avaient pas eu tout à fait le temps d'ajuster la sono. La Sinfonia de Lanaudière, placée sous la direction par le chef Stéphane Laforest, avait une sonorité grêle et perçante. La voix de la soprano, elle, roulait dans la réverbération. Pas le plus harmonieux des mariages.

Retentissant toréador

Le baryton Étienne Dupuis s'est ensuite présenté sur scène pour défendre d'une voix retentissante la chanson dite du «Toréador», un autre très célèbre extrait de Carmen. On dira ce qu'on voudra des concerts amplifiés, je dois avouer que c'était la toute première fois que j'entendais quelqu'un articuler distinctement les paroles de cet air.

La Sinfonia de Lanaudière, qu'on avait entendue en tout début de soirée dans la Marche des toréadors, s'est plus tard lancée dans une suite de jolis moments de l'opéra Porgy and Bess de Gershwin. L'orchestre à l'effectif relativement modeste s'y est très bien défendu.

Les premières gouttes de pluie ont commencé à tomber avant que Marie-Josée Lord commence à chanter Mon coeur s'ouvre à ta voix, un air de contralto tiré de Samson et Dalila de Saint-Saëns. Elle n'aura pas eu le temps de chanter en entier. Au milieu du second couplet, l'Agora a reçu une de ces douches contre lesquelles les parapluies ne peuvent pas grand-chose.

À noter qu'à la suite de l'annulation du concert, les détenteurs de billets achetés par Internet et par carte de crédit seront remboursés automatiquement. Les personnes qui se les sont procurés par l'entremise du réseau Billetech ont une semaine pour se présenter au guichet du Colisée afin d'être remboursées.

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