Musique de chambre à Sainte-Pétronille: chaud, le Trio Gryphon!

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La violoniste Annalee Patipatanakoon, le violoncelliste Roman Borys... (Photo fournie par le Trio Gryphon)

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La violoniste Annalee Patipatanakoon, le violoncelliste Roman Borys et le pianiste Jamie Parker ont offert un concert au public aussi irréprochable qu'enthousiasmant.

Photo fournie par le Trio Gryphon

Richard Boisvert
Le Soleil

(Québec) La chaleur quasi étouffante qui régnait dans l'église Sainte-Pétronille, jeudi soir, n'a eu apparemment aucun effet sur la prestation du Trio Gryphon. Même si on voyait de grosses gouttes perler sur le visage de Jamie Parker, le pianiste a enduré son veston noir tout au long du programme. La violoniste Annalee Patipatanakoon, le violoncelliste Roman Borys et lui ont offert au public un concert aussi irréprochable qu'enthousiasmant.

Pas de place pour l'ego dans ce trio. On a senti dès l'ouverture, dans Haydn, que chacun cherche à s'intégrer de son mieux au tout. Les trois complices se lancent dans le premier mouvement plutôt tranquillement, en laissant la musique monter, sans la provoquer, en prenant le temps de goûter la saveur du moment, sans rien précipiter.

Par contre, ils se rendent au bout de l'oeuvre en manifestant un intérêt soutenu et croissant. Leur dynamisme, leur précision et la vivacité d'esprit rendent justice à la musique de ce bon vieux Haydn. On a finalement droit à une exécution très intègre.

Chaleureux

Avec Brahms, on découvre un autre monde. Très dramatique dans les premier et dernier mouvements, irréel au second, chantant et ardent au troisième. Par les 30 degrés qui régnaient entre ces murs, c'était presque trop chaleureux.

Je blague, il faisait seulement 28.

L'atmosphère s'est révélée encore plus passionnée lors de l'interprétation du trio Dumky de Dvorak en deuxième partie. Les trois instruments jouent cette fois un rôle beaucoup plus extraverti. Mais on sent bien qu'ils se cherchent, qu'ils veulent se trouver, se rencontrer. En fait, ils s'écoutent si bien que nous, dans la salle, n'avons qu'à nous laisser guider. Leurs oreilles sont nos oreilles.

Curieux comme la musique de Dvorak réussit à conserver un caractère jeune et enjoué tout en laissant monter le chant d'une voix grave et profonde. Ces deux dimensions se rencontrent dans une sorte de danse amoureuse et très touchante.

Au rappel, Gryphon a exécuté un extrait des Saisons de Piazzolla. Ce n'est pas parce qu'ils allaient jouer quelque chose de plus frais que les musiciens allaient moins se donner. Comme ils l'avaient annoncé avant d'attaquer la pièce, Jamie Parker et ses camarades sont restés très hot.

Musique de chambre à Sainte-Pétronille. Le Trio Gryphon (Jamie Parker, pianiste, Annalee Patipatanakoon, violoniste et Roman Borys, violoncelliste).

Haydn : Trio no 43 en do majeur, Hob. XV, 27. Brahms : Trio no 3 en do mineur, op.101. Dvorak : Trio no 4 en mi mineur, op. 90, & quot; Dumky & quot;.

Jeudi soir à l'église de Sainte-Pétronille.

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