Ce qui a commencé par une association toute familiale entre Marc Bilodeau et son fils Raphaël n'a cessé de grandir depuis une quinzaine d'années. Bourrasque celtique est devenu un collectif de sept membres et a trois albums à son actif. L'année dernière, le groupe a pour une première fois exporté ses airs en Europe. Et d'autres projets hors Québec sont dans l'air pour 2013 selon Marc Bilodeau, qui agit à titre de directeur artistique.
Le nom du groupe, tout comme la démarche qui l'anime, vient d'un échange musical un peu fortuit entre le père et le fils : un party de Noël, des partitions de musique irlandaise et une soudaine inspiration de fiston, qui décide de plaquer des accords de guitare électrique sur les mélodies interprétées par son père au violon ou à la mandoline. «Il jouait du métal. Je trouvais que son apport de guitare électrique amenait comme une énergie d'orage. Ça nous entraîne dans une espèce de tempête de musique», relate Marc Bilodeau, ancien musicien de blues qui dit être «tombé dans le folklore» dans la trentaine.
Au fil du temps, le duo s'est trouvé de nouveaux complices : Vincent Lacroix (flûtes, voix et cornemuse), Daniel Lacombe (percussions), Andréanne Gallichant (voix et clarinette), Pierre-David Girard (basse) et Odéi Bilodeau-Bergeron (voix) complètent aujourd'hui la formation.
Paroles originales
Bourrasque celtique assume complètement l'étiquette de «musique traditionnelle progressive». Le dernier album du groupe, Sentier des loups, paru en 2010, met de l'avant de longs amalgames de reels (jusqu'à 11 minutes) se déployant sur fond de rock et d'envolées vocales. Le collectif puise beaucoup dans la tradition pour trouver des airs. Pour les paroles, toutefois, il préfère miser sur des compositions.
«On avait de belles mélodies anciennes et on voulait mettre des voix dessus. On a eu une interrogation, à savoir si on voulait faire de la chanson traditionnelle. Mais on ne voulait pas faire comme tout le monde. On ne voulait pas faire la centième version des Filles de La Rochelle, explique Marc Bilodeau. On a décidé que si on chantait des textes, ce serait des textes qu'on aurait écrits selon nos valeurs», ajoute le musicien, qui dit avoir voulu mettre en évidence un message positif, teinté de joie de vivre. «J'ai vraiment orienté la formation en ce sens», assure-t-il.
Musique à place de Paris
Dès mercredi, les soirées de place de Paris seront musicales pendant les Fêtes de la Nouvelle-France. Au terme du traditionnel défilé d'ouverture, le groupe néo-trad québécois Le vent du Nord prendra les choses en main et ne manquera pas de faire taper la foule du pied. Ces piliers de la scène traditionnelle roulent leur bosse depuis une décennie et ne ratent pas une occasion de faire résonner le folklore d'ici à l'étranger. Après Bourrasque celtique jeudi, les Balisiers de Basse-Terre, originaires de la Guadeloupe, présenteront leur soirée antillaise vendredi. La formation de Québec Les Batinses animera la fête samedi, appuyée par des élèves de l'école de danse Nadia Desgagnés. Programmation complète au www.nouvellefrance.qc.ca