L'oeuvre créée en 1990 a pris l'affiche dimanche soir à la salle Octave-Crémazie dans le cadre du 2e Festival d'opéra de Québec. L'accueil du public pour cette version adaptée pour chanteurs d'opéra et accompagnée par deux pianos et un violoncelle a été absolument délirant. Les mélodies suaves d'André Gagnon n'ont apparemment trouvé que des oreilles attentives et sympathiques.
Les chanteurs Marc Hervieux, dans le rôle de Nelligan vieux, et Dominique Côté, dans celui de Nelligan jeune, ont particulièrement impressionné à la fois par l'intensité et la vraisemblance de la prestation qu'ils ont livrée. Cela constitue en soi un exploit.
Texte au premier degré
J'aurais voulu, comme le président de l'Opéra de Québec, Gaston Déry, l'a souhaité à tous lors de son allocution, me laisser emporter par Nelligan. Impossible avec ce texte insipide que Michel Tremblay a écrit obstinément au premier degré. Il est bel et bien question de romantisme ici, mais on en parle beaucoup et avec beaucoup de sérieux et on le ressent très peu, au final.
Des personnages sans étoffe - la mère, le père, les soeurs, des amis, un curé, etc. - se succèdent sur scène. Chantal Dionne, dans le rôle de la journaliste, a ajouté une touche d'émotion bienvenue. Monique Pagé, la mère d'Émile, s'est révélée touchante dans l'air de la Dame en noir.
Au total, on a eu droit à environ deux heures et 40 minutes de larmes et d'apitoiement sur le sort du pauvre Émile, jeune artiste au talent incompris, rejeté par son père et par la société en général.