À eux seuls, les solos agiles et passionnés de Slash ont maintenu le public en état d'hypnose pendant de longues minutes. Quand le nombre de décibels le permettait, on pouvait entendre les acclamations réchauffer l'enceinte du Vieux-Port. Le solo qui a raccordé les pièces Apocalyptic Love et Godfather demeure l'un des moments forts du spectacle, alors que Saul Hudson a trituré près de 10 minutes sur sa six cordes. Du bonbon pour les fans.
Si les spectateurs ont été expressifs durant les bombes musicales issues du catalogue de Guns N'Roses, on ne peut en dire autant lors des pièces du plus récent album de Slash, Apocalyptic Love, composé de pair avec le chanteur Myles Kennedy et ses Conspirators de musiciens.
Ce serait également mentir que d'avancer que le public a répondu en grand nombre à l'appel d'evenko, derrière la venue du doué guitariste et ses acolytes. Moins de la moitié de l'Agora était occupée par quelque 1800 personnes.
Si le parterre affichait complet et que l'avant-scène débordait d'entrain, les estrades presque désertes étaient quant à elles plutôt gênantes. Heureusement que les chaises du parterre ont été abandonnées après la première partie de Monster Truck. Comme quoi même un illustre représentant du rock'n'roll peut atteindre les limites de l'offre musicale et de la vente de billets dans la capitale.
Qu'importe, la magie a tout de même opéré, surtout à partir de la moitié du copieux programme de vingt morceaux. Sans surprise, le classique des Guns N'Roses Sweet Child of Mine a donné lieu à une explosion d'enthousiasme dans la foule, l'un des marins qui assistaient au spectacle allant même jusqu'à lancer son chapeau sur la scène. Le chanteur Myles Kennedy a glissé un «Merci beaucoup» en français, avant d'enchaîner avec les percutantes You're a Lie et Slither, deux autres incontournables associés à Slash et Velvet Revolver.
Coiffé de son éternel chapeau haut-de-forme en cuir, le réputé musicien anglo-américain a dégainé ses riffs avec beaucoup d'énergie. Du haut de ses 47 ans, le Slash n'a rien à envier à ses nouveaux complices. Myles Kennedy n'atteint peut-être pas parfaitement ses notes haut perchées, mais il n'a pas l'ego surdimensionné d'un certain Axl Rose.
Le groupe affiche d'ailleurs une belle cohésion qui semble naître de la modestie de chacun. Kennedy laisse souvent le devant de la scène à Slash, donne le micro au bassiste Todd Kerns le temps de deux chansons. Bref, il y a de la place pour tout le monde.
La formation complétée par Brent Fitz à la batterie en est gagnante, chaque membre livrant le meilleur de lui-même. Lors des explosifs rappels Fall to Pieces et Paradise City, la chimie entre les musiciens était on ne peut plus claire et le public leur rendait l'apothéose. On n'ose imaginer ce que cela aurait été avec une foule deux fois plus nombreuse.