Année d'anniversaire pour Simple Plan

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Pierre Bouvier était à Festivent en août 2010.... (Photothèque Le Soleil, Laetitia Deconinck)

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Pierre Bouvier était à Festivent en août 2010. Il est le chanteur et leader du groupe.

Photothèque Le Soleil, Laetitia Deconinck

Olivier Parent

Olivier Parent
Le Soleil

(Québec) En 2012, c'est fête pour les gars de Simple Plan. Il y a 10 ans, leur premier album No Pads, No Helmets... Just Balls voyait le jour après de multiples tentatives. Un livre, un DVD live et de nouvelles chansons font partie des surprises qu'ils réservent pour l'occasion à leurs fans du monde entier. Mais le plus beau cadeau, aux yeux des musiciens de Montréal, est d'avoir survécu au passage du temps.

Les cinq comparses de Simple Plan se remettent des 14 mois de tournée qu'ils viennent de traverser pour défendre leur quatrième opus Get Your Heart On! «Ç'a été vraiment non-stop. On a une petite chance cet été de faire un bilan, de se reposer légèrement», exprime Charles «Chuck» Comeau, batteur et porte-parole du groupe.

Celui-ci admet que les derniers mois ont été «plus pénibles» qu'à l'habitude, «malgré que ç'a bien été et que ç'a été un gros succès».

Satisfaction

«Il n'y a rien de pire qu'un band qui a du succès, mais qui se plaint parce qu'il trouve ça difficile, avoue Chuck Comeau. Nos fans nous le disent souvent sur Twitter : "Vous devez vous ennuyer de la maison, de vos familles?" C'est sûr que c'est ça, le côté plus difficile, de manquer des fêtes, des mariages, les événements marquants des vies de tes amis et de ta famille. Pis c'est sûr que quand ça fait 15 fois que tu vas à une place, ce n'est pas aussi excitant que la première fois.»

En même temps, poursuit-il, ces aléas de la tournée sont compensés par la satisfaction qu'éprouve le groupe en constatant que son dernier-né est son «plus gros hit à vie» dans plusieurs pays et qu'il leur permet de conquérir de nouvelles contrées, comme le Viêtnam, le Portugal et l'Espagne.

«On a un peu dépassé ce qui est considéré comme normal pour un band en termes d'"expiration"», blague Chuck. «On a eu le temps de voir plein d'autres bands qui ont disparu, qui se sont séparés ou chicanés, pis on a la chance de réaliser que nous, ça fonctionne encore. Je pense qu'on savoure encore plus ce qu'on a. On a encore du fun ensemble, c'est ça qui compte», analyse-t-il au bout du fil.

Bien que le groupe poursuive ses allers et retours au Canada et aux États-Unis, dont un arrêt à Festivent samedi prochain, il profite des quelques temps morts de l'été pour préparer les célébrations du 10e anniversaire de l'album No Pads...

En plus du livre qui retracera l'ascension du groupe (voir l'encadré), Chuck révèle que leur équipe travaille sur la sortie d'un DVD live, qui a été capté lors d'un spectacle à Melbourne, en Australie.

Un minidisque de chansons inédites serait également dans les cartons pour offrir un «entre-deux» aux fans avant le prochain effort. «Durant l'écriture du dernier disque, on a écrit quelque chose comme 70 chansons, donc il y en a plein qui sont restés et qui auraient pu faire facilement l'album. On aimerait ça en sortir quatre, cinq, peut-être six, puis donner ça à nos fans comme cadeau», explique Comeau.

Bref, si l'été des membres de Simple Plan est moins chargé, il ne l'est qu'en apparence. Sans compter que Sébastien Lefebvre vient de lancer son troisième EP solo (More Sake Por Favor) pendant que Jeff Stinco a ouvert la pizzéria de ses rêves dans le Vieux-Montréal. «On se garde bien occupé», se confesse Chuck Comeau, qui n'a pas de difficulté à imaginer que la formation pourrait un jour fêter ses 20 ans.

«Est-ce que je peux prédire? Non. Mais est-ce qu'on a un espoir que ça puisse continuer longtemps? Oui, je pense que le rêve de chaque musicien, c'est d'avoir un band ou un projet qui dure. C'est ça, le plus gros défi. Chaque fois qu'on s'assoit pour écrire des chansons, Pierre [Bouvier] et moi, il y a tout le temps une pression. Tu le sens que c'est possible que si ce n'est pas assez bon, peut-être que c'est fini. Je pense que c'est pour ça qu'on a écrit 75 chansons. On voulait se pousser et avoir la meilleure collection de chansons possible.»

C'est ce qui les a menés à toucher à d'autres styles, comme les sonorités reggae derrière le succès de la chanson Summer Paradise. Dans sa version originale, la pièce était un duo avec le chanteur canadien K'naan. Au moment d'être catapultée sur les ondes, l'artiste jamaïcain Sean Paul a pris sa place. La raison? La compagnie de disques de K'naan voulait éviter que sa collaboration avec Simple Plan entre en compétition avec le premier extrait de son deuxième album solo à venir. «Ils lui ont interdit d'être sur la chanson, souligne Chuck Comeau. Nous, on était pas mal fâchés, déçus. Lui aussi, mais il ne pouvait rien faire.»

À quelques semaines de la sortie du simple, les membres de Simple Plan ont approché Sean Paul. «On était pas mal pressés. Je me rappelle, lui il était en Allemagne et nous, à Los Angeles. Pierre et moi, on s'est levés à 4h30 du matin pour faire [une séance par] Skype avec lui en studio à Berlin, ç'a été assez spécial», relate Chuck.

Comme leur duo Jet Lag avec Marie-Mai, Summer Paradise dispose aussi d'une version traduite en partie en français. «Encore une fois, ça va être un peu dur de ne pas répéter l'expérience, parce que les gens ont vraiment l'air à aimer ça», remarque le batteur de Simple Plan. C'est donc dire qu'on peut s'attendre à d'autres chansons en français? «Je pense que oui!» laisse tomber Chuck Comeau.

«On n'est pas les darlings des critiques, donc je pense qu'à chaque album, il faut qu'on prouve qu'on est encore capables, que ce n'est pas une chance, un feu de paille. C'est ça qui nous motive, qui nous a permis de durer.» Et c'est ce qu'ils célébreront d'ici la fin de l'année.

Vous voulez y aller?

QUI : Simple Plan

QUAND : 4 août, 21h30

OÙ : Festivent, scène principale

INFO : www.festivent.net

Un livre en chantier

Un livre retraçant la carrière de Simple Plan, de ses débuts - sous les noms de Roach et Reset - à aujourd'hui, est présentement en chantier en vue d'une sortie en novembre.

«C'est un hybride cool entre un livre de photos et une biographie», résume le batteur du groupe, Chuck Comeau, qui parle aussi d'un bouquin idéal pour la table à café.

Les textes seront signés sous la plume de la collègue du Soleil Kathleen Lavoie, qui a vu grandir le groupe lorsqu'elle était affectée aux arts. Le livre sera lancé simultanément en versions française et anglaise.

«Ce qu'on veut, c'est montrer au monde c'est quoi être dans un band, les bons côtés, les mauvais côtés. Les gens vont pouvoir nous suivre partout, dans l'avion, dans le bus, backstage, sur la scène», indique Chuck Comeau. Il mentionne que le contenu du livre plongera dans le «musée» de souvenirs constitué notamment par ses parents et le complice du groupe Patrick Langlois, qui aurait pris près de 50 000 photos en les suivant dans leurs périples à travers le monde.

«Ce qui est le fun, c'est qu'il nous a suivis avant qu'on soit signé, en studio en train de faire nos premiers démos, nos premiers showcases quand on s'est fait signer. On a vraiment gardé tout, on a été très obsessifs; tous les billets d'avion, les billets de spectacle, les flyers des premiers shows», énumère-t-il.

La journaliste Kathleen Lavoie indique qu'avec le livre, le groupe veut inspirer et encourager d'autres jeunes groupes à se démarquer et à persévérer dans les débuts difficiles. «De rester ensemble 12 ans, c'est sûr que c'est pas toujours évident. On veut parler de ça et montrer ce côté-là», complète Chuck Comeau.

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