«C'est lui... c'est tout simplement lui. Roger Waters est parti de loin, il en a vécu, des choses, et ce concert est un peu l'aboutissement de sa carrière. Et le résultat est tout simplement phénoménal», laisse tomber Stéphane Michaud entre deux pièces de The Wall, le regard béat d'admiration.
«C'est le genre de concert dont tu te rappelles toute une vie», ajoute ce Montréalais qui découvrait pour la première fois la musique live de l'ancien bassiste de Pink Floyd.
Roger Waters a clos à Québec la tournée du spectacle The Wall Live entreprise en 2010.
«C'est un spectacle de très haut niveau. Probablement le meilleur qui n'a jamais été présenté à Québec», soutient Fred Hallé, un amateur de musique de Saint-Augustin-de-Desmaures et un habitué du Festival d'été de Québec.
«Plus grand que nature»
La prestation de Roger Waters avec son arsenal technique sera dure à battre, prédit déjà Fred Hallé. «Je regarde ça, et je pense que Madonna est dans le trouble!» lance-t-il à la blague.
«C'est plus grand que nature», renchérit son comparse Louis-Claude Vaillancourt. «Roger Waters s'était mis un gros défi sur les épaules avec ce concert. Mais il a réussi. C'est avec des artistes comme ça qu'on arrive à créer de la magie. Ce sont des concerts comme celui-là qui mettent Québec sur la carte.»
Chantale Boucher n'en était pas à sa première expérience d'un concert de Pink Floyd ou de Roger Waters. Au milieu des années 80, elle avait eu la chance de voir la bande britannique donner une prestation au Stade olympique. Mais depuis les toutes premières notes de In the Flesh samedi soir à Québec, elle a ce concert dans la peau. «Je le vibre, c'est incroyable», confie-t-elle quelques minutes avant de voir Roger Waters entonner Hey You.
«C'est vraiment excellent, mémorable. C'est presque l'équivalent d'un concert de Pink Floyd», ajoute la résidante du centre-ville de Québec.
Joe Tremblay apprécie lui aussi chacun des solos de guitare, chacune des projections troublantes sur les briques des Plaines. Mais il adore avant tout voir sa ville encadrer le mur de si belle façon. «Juste voir Québec de la sorte, de voir tout le cadre autour de la scène, c'est magique.»
Du jamais-vu, selon Daniel Gélinas
Daniel Gélinas, directeur général du Festival d'été de Québec, dont la filiale 3E présentait The Wall Live sur les plaines d'Abraham, considère que Roger Waters a offert du jamais-vu au public de la capitale.
«C'est tout à fait fantastique. Roger Waters voulait faire quelque chose de plus et ce qu'on a vu ce soir, on n'a pas vu ça ailleurs», a commenté Gélinas, qui avait pourtant déjà vu le spectacle au Centre Bell et en version stade à México.
«Les spots dans le ciel, on n'avait jamais vu ça nulle part auparavant, et la pyro, il y en avait beaucoup plus que dans les autres spectacles. Et que dire du son! Je me suis promené partout sur le site et il n'y a pas un seul endroit où le son n'était pas fabuleux. C'est toute la magie de Pink Floyd», a-t-il poursuivi.
L'expérience de samedi a aussi prouvé, selon Daniel Gélinas, qu'il était possible d'organiser de grands spectacles sur les Plaines. «On voit maintenant que ça se fait, à condition d'avoir le contenu pour le faire», insiste-t-il, ne s'avançant toutefois pas trop à savoir si l'expérience serait répétée.
«Ça va dépendre des opportunités, ce ne sont pas tous les spectacles qui ont la prétention d'attirer plus de 50 000 personnes. On ne peut pas s'embarquer dans une aventure comme ça sans avoir certaines certitudes», conclut-il. Ian Bussières