Entre stand-up cinglant et personnages déjantés, l'homme derrière Oncle George a ratissé large en lançant la dernière série de spectacles du Grand Rire. Oui, le clown cynique au chapeau pointu était de la partie. Il nous a fait rigoler en racontant ses démêlés avec le fisc et son voyage en France. «L'accent du midi, c'est une coche au-dessus de l'haleine du matin», a-t-il observé.
Changeant de perruque et de chapeau, Daniel Lemire a aussi offert en fin de programme un moment de gloire à son incontournable poteux Ronnie, qui a pour l'occasion reçu la visite du «guitar heroe» Steve Hill et de membres du groupe Kaïn. «Notre guitariste n'était pas en mesure de jouer, il était trop à jeun», a justifié le chanteur.
Lemire a toutefois frappé le plus fort en tant que lui-même. Fidèle à son habitude, il s'est inspiré de l'actualité pour pondre des monologues mordants, pince-sans-rire, qui se démarquent par leur finesse... même quand ils tombent en bas de la ceinture. On en veut pour preuve cette allusion à des films pornos faits par et pour les gens du troisième âge - «contrairement à eux, ça ne me fait pas un pli» - et un numéro complet sur le Viagra qui n'a pas manqué de dérider la foule.
Environnement, économie, système de santé et politique ont été passés dans le tordeur de Daniel Lemire, jeudi. «Jean Charest disait qu'il avait les deux mains sur le volant... Mais je pense qu'il est assis sur le siège arrière. On parle ici d'un moteur à injonction», a-t-il lancé à propos du premier ministre, enchaînant du même souffle avec une gifle pour la leader de l'opposition: «Marois est chef de son propre parti, mais il y en a qui auraient aimé qu'elle parte de son propre chef!»
La relève sur les planches
En début de soirée, trois humoristes de la relève qui se sont illustrés au Comédie Club du Grand Rire ont eu une heure pour faire leurs preuves: Phil Roy, Korine Côté et Olivier Martineau. Si le premier a eu la tâche plus ardue - son histoire de pêche n'a pas vraiment levé -, on peut dire que les deux autres ont fait mouche. Avec son sens de l'observation et son gros bon sens, Korine Côté a fait rire en passant le service à la clientèle de Vidéotron, les membres de la «secte» Mac et l'émission Les anges de la rénovation à la moulinette. Idem pour Olivier Martineau, dont le personnage hyperactif, verbomoteur et savamment décousu a obtenu une ovation. L'animateur de cette portion du spectacle, Étienne Dano, a aussi bien fait en jouant la carte de la rivalité Montréal-Québec, notamment. Étrange, toutefois, cette manie de réclamer applaudissements et ovations...
Vendredi et samedi, les soirées «cartes blanches» animées par François Léveillée et Peter MacLeod seront aussi précédées de prestations de jeunes comiques. Le Grand Rire se termine dimanche, à l'Agora, avec le one-woman-show de la vedette américaine Whoopi Goldberg.