Jeunes musiciens du monde avec Roger Waters: une occasion en or

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The Wall à Québec

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The Wall à Québec

Roger Waters a présenté The Wall, son mythique concert rock, sur les plaines d'Abraham, le samedi 21 juillet. Un événement auquel le Soleil s'est intéressé en profondeur... »

 

Dominique Hardy
Le Soleil

(Québec) Roger Waters donne la chance aux ados de Jeunes musiciens du monde, qui monteront sur scène avec lui le 21 juillet sur les plaines d'Abraham, de vivre un grand succès dont ils se souviendront pour le reste de leur vie.

Au bout d'une conversation téléphonique anodine de quelques minutes en mai, le directeur général du Festival d'été de Québec (FEQ), Daniel Gélinas, a dit à l'un des fondateurs de Jeunes musiciens du monde, Blaise Fortier, de s'asseoir. C'est à ce moment que Daniel Gélinas lui a appris la grande nouvelle.

Une quinzaine d'adolescents de Jeunes musiciens du monde, âgés entre 10 et 15 ans, allait accompagner sur scène, en voix et en mouvements, Roger Waters lors de l'interprétation de Another Brick in the Wall Part 2 durant son spectacle The Wall. «Sur le coup, je n'y croyais pas, avoue Blaise Fortier. Je croyais que j'étais en train de rêver. En raccrochant avec Daniel, j'ai lâché un cri de joie. Toute l'équipe n'en revenait pas. Nous sommes vraiment contents pour les jeunes».

À la blague, le frère de Blaise, Mathieu Fortier, aussi fondateur de l'organisme, a laissé entendre que la prochaine nouvelle pour Jeunes musiciens du monde se devait d'être encore plus grosse afin de rivaliser avec celle-ci. «Il faudrait que Roger Waters nous embauche pour la tournée au complet», rigole-t-il.

Cette expérience est une occasion en or pour ces jeunes provenant de quartiers populaires de Québec. Jeunes musiciens du monde leur a ouvert les portes de l'estime de soi en plus de leur apprendre à jouer de la musique. «Roger Waters a voulu leur offrir le déclic qui changera sans doute le cours de leur vie», mentionne Blaise Fortier. «Les jeunes, ce qu'ils ont besoin pour développer l'estime d'eux-mêmes, c'est de vivre des grands succès, souligne Mathieu Fortier. Des choses qui leur disent: "Moi, je suis capable." Accéder à l'inaccessible, c'est intéressant pour eux. Ces 16 jeunes-là vont avoir leur photo dans le journal, et ça leur dit: "Moi aussi, je suis capable." Ça va avoir un impact déterminant sur leur vie.» L'intervenante sociale de Jeunes musiciens du monde travaille avec les jeunes afin d'éviter que le succès ne leur monte trop à la tête et veillera sur eux si l'expérience ne s'avère pas aussi concluante que prévu.

Pour la direction du FEQ, dès que la demande de l'équipe de Roger Waters a été adressée, l'idée de faire appel à cette école de musique était unanime. «Les critères de l'artiste sont très clairs», explique la directrice des communications du FEQ, Luci Tremblay. «Il ne veut pas une chorale structurée et la mission de Jeunes musiciens du monde cadrait avec le message de The Wall.» Les jeunes auront la chance de rencontrer Roger Waters. D'ici là, ils doivent répéter la chorégraphie.

Une fois dans sa vie

Les 16 jeunes, 11 filles et 5 garçons, retenus par tirage au sort, parmi une centaine d'adolescents de Jeunes musiciens du monde, sont fébriles à l'idée d'être sur scène avec l'idole de leurs parents. «C'est le fun, parce que c'est quelque chose que l'on vit juste une fois dans sa vie», affirme Mathilde Queffelec, 10 ans. «Mes grands-parents m'ont dit que ça allait être quelque chose de beau pour moi à faire devant tout le monde», confie Gabrielle Boudreault, 12 ans. «Mon oncle m'incitait à aller voir, un jour, ce spectacle, raconte Emmanuel Do Prado, 11 ans. Là, je vais être sur la scène.» «Je vais vivre ça comme un rêve», poursuit Lauranne Roy, 10 ans. Pour leur amie Andréanne Fournier, 15 ans, être sur scène avec la troupe de The Wall sera l'occasion de mettre sa timidité de côté, tandis que pour Dakota Fleur Bergeron-Howard, 12 ans, ça lui permettra de voir son père, qui partira de l'Australie pour la voir sur scène.

Blaise Fortier risque de regarder la chanson Another Brick in the Wall Part 2 de la fosse juste en dessous de la scène. Il ne sait pas encore quelle émotion l'envahira ce soir-là. «Si je suis dans la foule, je risque de m'évanouir», appréhende-t-il en riant. «C'est sûr que l'on va être comme des papas et des mamans à se dire: "J'espère qu'ils vont bien faire ça"», ajoute son frère.

Peu importe ce qui se passera ce soir-là, les ados de Jeunes musiciens du monde pourront dire tout au long de leur vie que le 21 juillet 2012, ils ont obtenu un grand succès avec un certain Roger Waters sur les plaines d'Abraham.

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