Gala de Daniel Lemire: il était temps!

La gala de Daniel Lemire était relevé, où... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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La gala de Daniel Lemire était relevé, où les comiques ont su faire bon usage de l'actualité. Le Plan Nord a notamment été passé à la moulinette, avec en prime un crochet asséné aux conservateurs par Lemire et Sylvain Marcel.

Le Soleil, Patrice Laroche

Geneviève Bouchard
Le Soleil

(Québec) Daniel Lemire n'avait jamais animé de gala au Grand Rire... Il était grand temps de remédier à la situation! Le talentueux humoriste a présenté hier un spectacle relevé où, comme la veille, les comiques ont su faire bon usage de l'actualité.

Entre une arrivée sur scène en traîneau à chiens et un numéro de clôture explosif - Les Trois Accords et Ronnie Dubé sur une même scène! -, Lemire a encore montré qu'il est l'un des plus grands humoristes au Québec: du stand-up caustique, des personnages dont on ne se lasse pas (oui, Oncle Georges était de la partie...) et un don indéniable pour rebondir et saisir les perches qui se tendent à lui. Même un trou de mémoire du collègue Mario Jean s'est transformé en moment hilarant, hier.

Comme vendredi, le Plan Nord a été passé à la moulinette, avec en prime un crochet asséné aux conservateurs par Lemire et Sylvain Marcel. Le conflit étudiant était aussi à l'ordre du jour de nos humoristes. Plusieurs en ont fait mention, mais la palme revient à l'imitateur André-

Philippe Gagnon, qui y a consacré une comédie musicale: Alice Cooper dans le rôle de Gabriel Nadeau-Dubois et Vincent Vallières dans le celui d'un policier chantant «On va fesser encore». Avec la voix de Joe Dassin, l'été indien est devenu le printemps érable, et Aznavour a rendu hommage Lisa LeBlanc. Du bonbon!

Mario Jean a servi un très sympathique numéro sur l'insomnie, où il a notamment récité toutes les absurdités qui peuvent nous passer par la tête lorsqu'on n'arrive pas à dormir. «Certains étudiants vont perdre leur session. Mais au nombre de marches qu'ils ont pris, on va pouvoir leur créditer leur cours d'éducation physique.»

Encore hier, Jean Charest a été écorché, par Dieu le père, cette fois. Ou plutôt par Claude Legault, qui effectue au Grand Rire un retour en humour en duo avec le «diable» Sylvain Larocque. «Il y a plein de monde qui vont encore voter pour Charest. Y'a pas juste mon fils qui est capable de multiplier les poissons!» a lancé Legault.

Le «hasch de guerre»

Plus loin des événements qui font la manchette, P-A Méthot a offert un monologue rempli d'autodérision en confiant son désir de voir des gros aux Jeux olympiques. Dans des numéros distincts, Boucar Diouf et le duo Dau et Catella ont misé sur les accents, tandis que François Léveillée a profité du Grand Rire pour exorciser ses déboires immobiliers.

Si les prophéties de Peter MacLeod en Nostradamac ont fait crouler la salle de rire, l'univers décalé de Sèxe Illégal a passablement saisi le public du Grand Théâtre. Se présentant comme des ambassadeurs de Montréal, Paul Sèxe et Tony Légal ont proposé aux gens de Québec d'enterrer le «hasch de guerre» avant de confier leur vision de notre ville: «Nous aussi, à Montréal, on en a des itinérants avec des problèmes mentaux. Sauf qu'on ne leur donne pas de job à la radio pour les sortir de la rue.» Il aura fallu leurs hits musicaux, traitant de dysfonction érectile ou du VIH pour réchauffer le public. On en aurait pris plus!

Difficile de dire la même chose de François Maranda, qui a choisi une victime dans la salle le temps d'un numéro qui a suscité plus de malaises que de fous rires... Pauvre Jocelyne! Qu'elle semblait avoir hâte que ça finisse!

Le Grand Rire se poursuit jusqu'au 1er juillet.

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