Gala de Mario Jean : l'humour à l'heure des manifs

Mario Jean réservait un numéro d'ouverture du tonnerre,... (Photothèque Le Soleil, Jocelyn Bernier)

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Mario Jean réservait un numéro d'ouverture du tonnerre, un ramassis de blagues sur Facebook, sur la grève étudiante et sur le car surfing, qui s'est terminé par le tournage d'une vidéo.

Photothèque Le Soleil, Jocelyn Bernier

Geneviève Bouchard
Le Soleil

(Québec) Pendant que les manifestants déambulaient pas très loin, le Grand Rire de Québec s'est mis en branle hier avec un gala qui a foulé à plusieurs occasions le terrain politique. Nos comiques n'ont pas ménagé Jean Charest hier. Et le public du Grand Théâtre y a trouvé son compte. Mieux vaut en rire, faut-il croire!

«Dieu existe-t-il? Dieu m'aime-t-il? Si oui, pourquoi Jean Charest?» s'est interrogé François Léveillée, dans le personnage de l'animateur de pastorale Aimé D'amour. L'animateur de la soirée, Mario Jean, s'est aussi payé la traite. Dans un hommage au Capitaine Bonhomme qui a pris des allures de coup de gueule contre le Plan Nord, il a qualifié le premier ministre de «vile couleuvre frisée». Ouch!

Si le gouvernement et la loi 78 ont été la cible des humoristes, les opposants n'ont pas été épargnés non plus: Peter MacLeod a égratigné Amir Khadir en passant, et les manifestants aussi ont eu droit à quelques pointes. Le numéro «Occupons le Grand Rire», notamment, a donné lieu à un bel échange entre l'humoriste de la relève Korine Côté et l'animateur Mario Jean. Débarquée sur scène avec sa tente, la première a proposé d'inviter ses copains de l'École nationale de l'humour à garnir le camp. «Embarque pas les étudiants là-dedans, ça finira plus!» a exhorté le second.

Légende et découverte

Mario Jean nous réservait un numéro d'ouverture du tonnerre pour lancer les festivités de ce 13e Grand Rire. Ce qui a commencé par un ramassis - quand même rigolo - de lieux communs à propos de Facebook s'est terminé en tournage d'une vidéo qui a tout pour devenir virale: un petit chat qui joue du piano, un étudiant (carré rouge au t-shirt et casserole en main) dansant avec des policiers en armure antiémeute, des femmes exhibant leur poitrine et Peter MacLeod qui fait du car surfing...

Ce premier gala a ratissé large dans les registres humoristiques: de la «légende» Jean Lapointe - qui a servi son numéro de pianiste soûl - à la Découverte de l'année François Bellefeuille, aussi déchaîné qu'hilarant. On a eu droit à des personnages (Ben et Jarrod en sommeliers, eux aussi en état d'ébriété) et à des récits personnels: P-A Méthot nous a bien fait rire avec ses histoires de famille... Mais ses cantiques de Noël, entendus en première partie du spectacle de Peter MacLeod et où le mot noune remplace toutes les paroles, n'étaient pas plus drôles que la première fois.

De passage dans sa ville d'origine, François Morency a livré l'un des meilleurs moments de la soirée avec sa recension de témoignages trouvés sur des sites de rencontre. Les vétérans Daniel Lemire et Claudine Mercier ont aussi frappé dans le mille avec leurs numéros musicaux, le premier en chanteur de funérailles aussi cynique que maladroit, la deuxième en imitant des chanteuses d'ici: chapeau pour Coeur de pirate, mais sa Lisa LeBlanc pourrait être retravaillée.

Ce soir, Daniel Lemire prend le flambeau.

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