L'humoriste devenu célèbre en donnant vie au camelot Ti-Guy Beaudoin s'est justement nourri des journaux et de l'actualité dans la préparation de l'animation du premier gala du Grand Rire 2012. Père d'un cégépien et d'un ado du secondaire, il dit avoir à coeur la lutte étudiante. «Il se passe bien des choses et mon désir, c'est que ça s'élargisse au niveau social. C'est ce qui se passe tranquillement, observe-t-il. Les jeunes m'impressionnent beaucoup. Je trouve ça inspirant de les voir se lever. Les baby-boomers ont beaucoup parlé de leur été 68. Ils étaient bien fiers de tout ça. Là, on dirait que c'est ce qu'on vit avec les jeunes. Je n'ose pas le juger ou le condamner. Au contraire, je trouve ça très bien.»
L'humoriste ne s'est pas gêné pour commenter le conflit étudiant sur Facebook: les réseaux sociaux sont d'ailleurs le centre d'un autre numéro qu'on pourra voir vendredi... Il s'est aussi joint aux manifestants. Une expérience qu'il décrit avec un sentiment d'«ambivalence».
«Je veux du changement, confie-t-il. Je pense qu'il faut qu'il se passe quelque chose, je sens qu'on se fait avoir de tous les bords. Mais, d'un autre côté, je suis très peureux, ajoute-t-il. Je suis allé dans une manifestation qui était très pacifique, mais il y avait une ambiance qui me faisait peur. Je n'étais pas super bien là-dedans. Mais quand je suis assis chez moi, des fois, je ne me sens pas bien non plus de ne rien faire.»
Si Mario Jean le père vit un certain malaise, Mario Jean l'humoriste, lui, n'hésite pas à rire de la situation. «C'est inspirant, assure-t-il. Il y a de belles réactions de toutes parts: du gouvernement, des jeunes, de monsieur et madame Tout-le-Monde. Il y a de belles lignes à sortir de ça. Dans le gala, c'est sûr qu'on va en parler!»
«Complètement fou!»
«Stimulant, stressant, excitant...» Voilà comment cet abonné du Grand Rire décrit ce qu'il vit lorsqu'il anime un gala. Quatre numéros exclusifs à préparer et à présenter, une liste d'invités connue sans grand préavis, une journée qui s'étire du petit matin à la fin de la soirée entre réunions, répétitions et représentation.
«C'est complètement fou! résume Mario Jean. Mais c'est ce qui fait la beauté de ce festival. C'est quelque chose d'unique, on le fait un soir, on fait quatre numéros et on n'a rien rodé. On pense que c'est bon, mais on l'a seulement fait en répétition. Et il y a toujours de grosses affaires, des chorégraphies, des plans de fou... Ça passe ou ça casse et le lendemain, c'est fini, on passe à autre chose. C'est carrément mis aux vidanges!»
Kilimandjaro et hommage
Outre ses sketchs inspirés des manifestations et des médias sociaux, le comique livrera un numéro racontant son ascension du Kilimandjaro et fera un clin d'oeil à un humoriste disparu «depuis un moment». Il n'est pas question ici de Serge Grenier ou de Jean-Guy Moreau, tous deux décédés cette année, précise-t-il, mais d'une personne qui a marqué son enfance. «C'est quelqu'un qui faisait des choses très différentes de ce que je fais, mais qui nous faisait beaucoup rire, explique-t-il. Ça me trottait dans la tête depuis plusieurs années, alors je lui rends hommage.»