FIMAV: John Medeski sur la planète Zorn

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«John Zorn trouve toujours le moyen de créer des choses qui mettent en valeur des aspects du jeu de ses musiciens. Dans mon cas, ce sont des facettes que je ne mets pas toujours à contribution et j'apprécie ça» - John Medeski

<p>Nicolas Houle</p>

Nicolas Houle
Le Soleil

(Québec) On le connaît pour son orgue incendiaire et son piano électrique aussi funky que décapant au sein de Medeski, Martin & Wood (MMW), mais la carrière de John Medeski ne saurait se limiter à celle du populaire trio. Il oeuvre en effet dans d'autres formations prestigieuses, offre des performances solos et agit à titre de collaborateur. C'est dans ce dernier rôle qu'on le verra cette semaine au Festival international de musique actuelle de Victoriaville (FIMAV), le temps de deux concerts sous la houlette de John Zorn.

Medeski côtoie John Zorn depuis une vingtaine d'années. Il a régulièrement collaboré avec le saxophoniste et compositeur, mais le succès de MMW l'a tenu si occupé que leurs rencontres se sont espacées. Depuis quelque temps, les deux hommes s'appliquent à rattraper le temps perdu. D'abord, MMW s'est permis une époustouflante plongée dans l'univers de Zorn sur Zaebos: Book of Angels Volume 11 (2008). Ensuite, les membres du trio ont décidé de trouver un juste équilibre entre leurs activités personnelles et celle de l'ensemble. C'est ce qui a dégagé du temps pour que Medeski prenne part à Nova Express en compagnie de Joey Baron (batterie), Trevor Dunn (basse) et Kenny Wollesen (vibraphone). Du coup, il s'est rappelé quel genre de chef d'orchestre est John Zorn...

«Comme tous les grands compositeurs qui gèrent des improvisateurs, il embauche les musiciens et écrit la musique en fonction d'eux. Autrement dit, il les utilise en fonction de leurs forces et de leur jeu. Donc, quand il compose, il sait comment on joue et il a une idée très claire de ce qu'il veut. Je ne dirais pas qu'on a de la liberté, mais il en laisse d'une certaine façon, car il nous donne des véhicules confortables et faits sur mesure pour nous exprimer.»

The Concealed

Outre Nova Express - une lecture musicale de l'oeuvre de William S. Burroughs que l'on pourra entendre jeudi -, Medeski participe à The Concealed. Ce concert aura lieu le lendemain avec la même équipe, augmentée de Mark Feldman (violon) et d'Erik Friedlander (violoncelle). On en sait moins sur cette proposition, sauf qu'une quinzaine de compositions seront associées à une image et à un texte de David Chaim Smith.

«Je crois qu'il y aura de belles compositions là-dedans», commente Medeski, sans vendre la mèche. «Des trucs de Masada, des pièces solos, ce sera assez varié...»

Ce qui est fascinant avec John Medeski, c'est de voir qu'une journée, il peut jouer avec The Word, au festival Bonnaroo, puis se retrouver ensuite seul derrière le piano dans une salle de concert. Il passe avec aisance d'un environnement musical à un autre de la même façon qu'il troque le Steinway pour l'orgue Hammond.

«J'aime jouer avec les autres, être solo, diriger et, surtout, être en bonne compagnie, car je ne perds jamais de vue qui je suis. Je peux donc toujours être moi-même en plongeant à l'intérieur de ce que fait quelqu'un d'autre. [...] La musique n'a rien à voir avec un style ou une limite, c'est lié aux sons et à la créativité et ça peut prendre différentes formes.»

Quatuor hardcore

Preuve qu'il n'est pas à court d'aventures, l'artiste de 46 ans partira en tournée cet été avec Spectrum Road. Là, il donnera la réplique à Jack Bruce (basse, voix), à Vernon Reid (guitares) et à Cindy Blackman-Santana (batterie, voix). Un album est prévu pour le 5 juin.

«Ça, c'est hardcore! C'est inspiré par la musique que Tony Williams a faite avec son Lifetime Band. Au départ, c'était un hommage, mais c'est devenu un groupe en soi. [...] Ce n'est pas de la musique qu'on écoute pour se reposer, ça repousse des limites!»

À travers tout ça, Medeski ne perd pas de vue MMW, qui a lancé fin 2011 un live avec le guitariste John Scofield. Un autre, acoustique celui-là, pourrait suivre. Mine de rien, la bande célébrait l'an dernier ses 20 ans d'existence. Le pianiste est le premier à s'enthousiasmer d'une telle longévité, admettant qu'elle doit tenir à un... miracle!

«On revient d'Europe, où on a rarement joué la même pièce deux soirs consécutifs, et c'était génial. On a déjà croisé des groupes où les gars ne se parlaient plus, ne se supportaient plus. Pour nous, au contraire, c'est toujours aussi plaisant d'être ensemble.»

Pour tous les détails concernant le FIMAV, on consulte le site www.fimav.qc.ca.

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