En entrevue, l'auteure-compositrice-interprète nous avait confié son bonheur d'avoir trouvé son «groupe de rêve» formé de bons chanteurs. Oh que le bonheur a été contagieux, hier soir. Un superbe travail vocal a été effectué par Caracol et ses complices pour transposer sur les planches l'univers dense immortalisé sur Blanc mercredi, le deuxième album de la chanteuse paru l'automne dernier.
Désolée messieurs les musiciens (le batteur Justin Allard et le guitariste Manuel Gasse), on doit décerner à vos collègues féminines la palme de la magie. Accompagnée de la bassiste Amélie Mandeville et de la multi-instrumentiste Audrey-Michèle Simard, Caracol nous a livré de grands moments de musique et d'émotion. Et de superbes harmonies, faut-il préciser. La très belle All the Reasons s'en est trouvé magnifiée, tout comme la jolie J'ai soif avec ses accents rétro et la touchante Quelque part, composée pour le film Starbuck et dédiée hier à des proches qui célébraient leur anniversaire. Comme cadeau inattendu, le public a de son côté eu droit à une très belle interprétation de Tennessee Me des Secret Sisters, livrée par nos trois chanteuses sur le bout de la scène, rassemblées autour d'un pied de micro, au terme d'un segment acoustique des plus réussis.
Caracol s'est montrée chaleureuse et spontanée dans ses interventions avec les spectateurs, hier. Il semble qu'elle le soit aussi dans la création de ses chansons, comme elle l'a décrit en racontant les doutes qui ont entouré la mise au monde de la pièce Certitudes, enregistrée sur un coup de tête une journée après l'avoir écrite. «Ça aura valu la peine», chante-t-elle dans le refrain. La foule n'a pu qu'acquiescer!
Caracol vise un public anglophone avec la collection de chansons bilingues lancée dans les derniers mois. La qualité de la prestation offerte hier ne peut que la réconforter dans son choix de poursuivre le voyage. Ceux qui l'ont manquée (ou qui en redemandent!) pourront se reprendre pendant le Festival d'été. Caracol y sera le 13 juillet, à la place D'Youville.
Chantal Archambault
Au début de cette soirée de filles, l'Abitibienne Chantal Archambault a mis la table d'une belle façon. Bien en voix et d'une aisance remarquable, la jolie rouquine a pris possession de la scène armée de sa seule guitare, de quelques anecdotes et de ses textes imagés. De quoi mettre en évidence les qualités mélodiques de cette auteure-compositrice-interprète qui a offert une chanson à Renée Martel pour son dernier album (La barque, interprétée hier) et qui s'apprête à entrer en studio pour donner suite à La romance des couteaux, un deuxième disque lancé en 2010.