N'empêche... La comique américaine souhaite trouver chez le public du Grand Rire des oreilles grandes ouvertes à la langue de Shakespeare. «J'espère qu'ils comprendront l'anglais parce que sinon, ils ne feront que me regarder et ça va les décevoir...» a-t-elle blagué mardi en entrevue avec Le Soleil.
Résolument cool au bout du fil, la vedette américaine raconte pourtant que sa connaissance de la langue de Molière s'est déjà beaucoup mieux portée lorsqu'elle avait un dénommé Gérard Depardieu comme prof, sur le plateau du film Bogus, au milieu des années 90.
«Mon français était excellent à cette époque, assure-t-elle. Mais comme je n'ai plus été en mesure de le parler comme je le faisais avec Gérard, c'est-à-dire tous les jours, j'ai tout perdu. Maintenant, mon coeur voudrait bien parler français, mais ma bouche est plus sage...»
La scène, la base
Femme victimisée dans La couleur pourpre, médium déjantée dans Mon fantôme d'amour (un rôle qui lui a valu un Oscar en 1991), fausse bonne soeur groovy dans Rock'n nonne... On connaît davantage Whoopi Goldberg pour son travail au cinéma. Elle possède d'ailleurs son étoile sur le Hollywood Walk of Fame, juste en face du Kodak Theater, lieu de résidence de la cérémonie des Oscars, qu'elle a animée à quelques reprises. Si elle a quitté l'habit de religieuse de Rock'n nonne, elle agit à titre de productrice de la comédie musicale inspirée du film, dont la version française prendra l'affiche à Paris l'automne prochain et qu'on pourrait voir dans notre coin de pays «avant longtemps», selon ses dires. L'actrice est aussi bien présente au petit écran en tant que coanimatrice du talk-show féminin The View, diffusé quotidiennement sur ABC.
C'est toutefois sur scène qu'elle a vu le jour en tant qu'artiste... et c'est là qu'elle souhaite revenir aussi souvent que son horaire chargé le permet. «J'essaie d'en faire le plus possible, note-t-elle. C'est bien d'avoir un travail régulier, de faire The View, de faire un film de temps en temps. Mais c'est important de ne pas perdre ce qu'on fait de vue. Et mon vrai métier, c'est d'être sur scène, live... J'adore ça.»
À Québec en autocar
De New York, Whoopi Goldberg parle d'une voix calme et prend bien son temps pour répondre aux questions. Quand on lui demande ce qu'elle présentera à un public francophone qui connaît peu son travail de stand-up, elle ne se prend pas la tête. Elle viendra nous voir en autocar (elle déteste prendre l'avion, qui la rend «nerveuse»), elle ne fera que passer dans notre ville et elle s'y laissera porter par le moment.
«Ça traitera certainement de ce qui se passe pour moi pendant ce moment», indique la comédienne, qui se dit peu friande de spectacles trop bien planifiés. «Mais il y a toujours des choses que je veux aborder, nuance-t-elle. Par exemple, j'aime parler du fait d'être une femme, de prendre de l'âge. J'aime l'aspect "personne ne m'a prévenue que vieillir serait si étrange". Et j'adore parler de la ménopause! Je trouve que c'est la chose la plus drôle du monde.»
Cet attrait pour la spontanéité se reflète également dans la période de questions qui se déroulera à la fin de son spectacle, présenté en anglais et sans sous-titres.
«Je trouve que ça aide. Je suis bien sur scène pendant environ 70 minutes et après, je sens que les gens veulent me poser des questions», justifie la comique, consciente que la conversation peut aller dans tous les sens.
La chose la plus bizarre à laquelle elle ait dû faire face? «Un spectateur m'a demandé d'autographier son vous-savez-quoi», laisse-t-elle tomber. La requête n'a toutefois pas été accordée. Mieux vaut donc, messieurs, vous garder une petite gêne!
Note : des laissez-passer spéciaux du Grand Rire sont présentement en vente sur le réseau Billetech. Ces derniers garantissent une place au parterre pour le spectacle de Whoopi Goldberg et donneront aussi accès aux autres spectacles du festival. Les autres sièges de l'Agora seront accessibles en admission générale aux détenteurs de laissez-passer ordinaires, qui seront mis en vente le 1er mai, après le dévoilement de la programmation complète du Grand Rire.