«C'est un spectacle en devenir, plein d'amour et de spontanéité», a-t-elle lancé en début de soirée, expliquant pourquoi elle et sa bande se sentaient fébriles... D'accord pour l'amour et la spontanéité. D'accord aussi pour admettre que ça ne fait pas longtemps que la tournée est en branle : l'auteure-compositrice-interprète a lancé son deuxième album, Aux alentours, au début février. Mais, on réfute l'argument du «en devenir», vu la forme plutôt achevée de ce à quoi on a assisté mercredi.
Quatre haut-parleurs pour décor, dans des éclairages élaborés - quoiqu'un peu trop portés sur les projecteurs éblouissants par moments - , Marie-Pierre Arthur et ses musiciens évoluent en formation rapprochée... Et on ne parle pas seulement de leur position sur scène. Les cinq sont visiblement complices et s'amusent comme des fous.
«On est trop relax», ira jusqu'à dire la chanteuse, alors que les uns et les autres menaçaient de divulguer des informations embarrassantes sur leurs collègues aux spectateurs. Et que dire de leur livraison fort sympathique de Jealous Guy de John Lennon, qui a permis à José Major (batterie), à Joe Grass (guitare et banjo), à Guillaume Doiron (guitare) et à François Lafontaine (claviers) de prendre tour à tour le micro? Très chouette, merci!
Musicalement aussi, la chimie opère. Un peu à l'image de son deuxième album, bâti de nombreux contrastes, Marie-Pierre Arthur a monté un programme énergique et tout en nuances. Elle passe du rock pesant à ce qu'il peut y avoir de plus épuré, comme cette livraison acoustique (et magique!) de À partir de maintenant, servie en rappel. Entre les deux, il y a eu les chansons de l'excellent nouvel album et «de vieilles tounes liftées» du précédent: Pourquoi, devenue un incontournable de son répertoire, n'a pas manqué de réjouir le public, qui s'est offert quelques moments de chant en duo avec Mlle Arthur.
Pour le reste, on a noté la précision des interprétations, quoique les guitares avaient quelquefois tendance à enterrer les claviers, surtout en première partie. Pendant Si tu savais, le pauvre François Lafontaine avait beau se démener, on peinait à l'entendre. Mais le tout est vite pardonné devant les prouesses vocales de Marie-Pierre Arthur, toujours juste, qui ne manque pas de régaler les oreilles de son timbre aérien.