OSQ: un Requiem à la lettre

Le choeur symphonique a honnêtement relevé le défi.... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Le choeur symphonique a honnêtement relevé le défi. Du côté des femmes, on gardait plus difficilement l'intonation.

Le Soleil, Patrice Laroche

Richard Boisvert
Le Soleil

(Québec) L'image de Kenneth Slowik brandissant triomphalement la partition du Requiem pendant le salut final, mercredi soir, en disait long sur le sens profond de la cérémonie à laquelle on venait d'assister à la salle Louis-Fréchette. Quelque chose comme un grand hommage aux petites boules noires imprimées sur le papier.

Qu'on se rassure, ce concert n'avait rien à voir avec la catastrophe de la veille. À part la boucane virtuelle qui s'échappait de la partie supérieure de la conque, au fond de la scène - une décourageante nouveauté scénographique - , l'expérience n'avait rien d'inquiétant. On ne peut pas dire toutefois que l'exécution pétait le feu.

L'effectif réunissait les membres de l'Orchestre symphonique de Québec et de son choeur ainsi que quatre solistes sous la direction du chef invité Kenneth Slowik. Tout ce beau monde a suivi la partition à la lettre. Une noire est une noire, pas plus, pas moins, quel que soit le contexte. J'exagère à peine. Ça donnait lieu à certaines extravagances, comme ce Rex! exagérément allongé, tout aplati et privé de mordant.

À l'opposé, le sautillement, syllabe par syllabe, du Quam olim Abrahae enlevait beaucoup de grandeur à ce numéro.

J'ai découvert le ténor Thomas Cooley, que j'ai adoré. En voilà un qui chante avec son coeur, dans la subtilité et la beauté du texte. La projection de la basse Alain Coulombe impressionne plus que jamais. La soprano Karina Gauvin fait du bon travail. Je ne saurais juger celui de la mezzo-soprano Allyson McHardy puisqu'elle chantait la plupart du temps trop doux.

Dans le Benedictus, les quatre chanteurs ont dû se battre avec l'orchestre, que le chef laissait jouer beaucoup trop fort.

Le choeur symphonique a honnêtement relevé le défi. Du côté des femmes, on gardait plus difficilement l'intonation.

Un mot sur la Symphonie no 41 donnée en première partie pour souligner, dans l'Andante Cantabile, le jeu exceptionnellement bien fondu des bois.

Une nouveauté

On a projeté des images sur les parois de la conque tout au long de l'exécution du Requiem. La plupart montraient des mausolées en pierre grise sous différents angles. Tous ces plans figés s'harmonisaient parfaitement avec le style d'interprétation proposé.

Pour ne pas faire obstacle aux photographies, je crois, on a dû repenser la disposition des choristes. L'Orchestre en cachait quelques-uns sur les côtés. Deux grandes sopranos obstruaient la vue à une plus petite qui devait s'étirer le cou afin d'apercevoir le chef.

ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE QUÉBEC. Direction : Kenneth Slowik, chef d'orchestre. Solistes : Karina Gauvin, Allyson McHardy, Thomas Cooley, Alain Coulombe. Le Choeur de l'OSQ, David Rompré, chef de choeur. Mozart : Symphonie no 41 en do majeur, K. 551; Requiem, K. 626. Mercredi soir à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre de Québec.

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