Murray Perahia: Beethoven? un boute-en-train!

Le pianiste Murray Perahia sera au Grand Théâtre...

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Le pianiste Murray Perahia sera au Grand Théâtre mardi.

Richard Boisvert
Le Soleil

(Québec) En entretien téléphonique pour discuter de son passage au Grand Théâtre de Québec, le pianiste Murray Perahia étonne en évoquant le sens de l'humour de Beethoven, un trait assez peu souvent associé à la personnalité du com positeur. Extrait.

Q Murray Perahia, vous avez choisi de jouer la Sonate no 27 en mi mineur, une oeuvre qui ne compte que deux mouvements, ce qui est relativement rare chez Beethoven...

R L'opus 111 est aussi en deux mouvements. Quand on lui demandait pourquoi il ne l'avait pas écrit en trois ou en quatre mouvements, Beethoven répondait: ''J'ai manqué de temps.'' Mais il disait ça pour rire, évidemment.

Q Beethoven faisait parfois des blagues?

R Tout le temps! En étudiant ses lettres, on voit qu'il possédait un grand sens de l'humour. Je crois même qu'on peut parfois s'en rendre compte dans sa musique. Certains mouvements des Variations Diabelli sont très humoristiques.

À bien y penser, la Symphonie no 8 tout entière ou encore le mouvement final de l'Héroïque affichent également un caractère facétieux. La sonate inscrite au programme de mardi soir n'est toutefois pas représentative de cet esprit, tient à clarifier l'invité du Club musical de Québec. S'il a choisi d'interpréter cette oeuvre plutôt qu'une autre, c'est qu'il se prépare en ce moment même à l'éditer.

En collaboration avec l'éditeur en chef de la maison Henle, Murray Perahia a en effet entrepris la révision de l'ensemble des 32 sonates pour piano de Beethoven à partir des manuscrits lorsque ceux-ci existent, ou sinon en s'appuyant sur la source la plus sûre disponible. Un travail de longue haleine et on ne peut plus sérieux. Dix de ces sonates, chacune accompagnée de doigtés et d'un commentaire critique, sont déjà parues.

Le lancement de la Sonate no 27 aura lieu d'ici quelques mois. «On a trouvé plusieurs choses fascinantes qui ouvrent de nouvelles possibilités, annonce le pianiste. Vous verrez quand elle sortira.»

En s'intéressant d'aussi près au travail de Beethoven, Perahia a également découvert chez lui un penchant pour la didactique. «Quand il travaillait sur une sonate, et ça peu de gens le savent, Beethoven écrivait très souvent des exercices pour son usage personnel afin de surmonter les difficultés d'exécution. Par exemple, il existe tout un tas d'exercices qu'il utilisait avant de jouer l'opus 111. J'estime qu'il faudrait les publier un jour.»

Bach d'abord et avant tout

Murray Perahia manifeste beaucoup d'intérêt pour Beethoven, mais il voue un véritable culte à Jean-Sébastien Bach. Pour lui, c'est le plus grand des compositeurs. Son oeuvre contient à son avis l'essentiel de la musique. Il y a sept ou huit ans, lorsqu'une infection à la main droite l'a obligé à arrêter le piano et à envisager la possibilité de ne plus jamais pouvoir en jouer, c'est chez Bach qu'il a trouvé refuge. Pas seulement sa musique pour clavier, mais également ses cantates et ses oratorios. «Je l'étudiais tous les jours», se dit-il.

Depuis qu'il a retrouvé toute sa forme et tous ses moyens, la pianiste ne donne jamais un récital sans inscrire Bach au programme. Au Grand Théâtre, il ouvrira la soirée avec la Suite française no 5 en sol majeur. Sur un Steinway moderne, cela va de soi. Il faut savoir que, pour lui, la question de l'instrument reste secondaire. «J'ai étudié très sérieusement le clavecin pendant deux ans, fait-il valoir. J'en avais un chez moi et je l'ai beaucoup utilisé pour préparer les Variations Goldberg et quelques-uns des Suites anglaises. Il reste que chez Bach, le contenu musical est certainement beaucoup plus important que la couleur de l'instrument.»

Bach n'était absolument pas à cheval sur ce genre de principes, assure Murray Perahia, mais au contraire beaucoup de souplesse. «On trouve par exemple un concerto pour clavecin en la majeur adapté d'un concerto pour violon d'abord adapté d'un solo de hautbois tiré d'une cantate.»

À la limite, le piano moderne permet de rendre un peu plus clairs certains aspects fondamentaux de la pensée de Bach, l'alternance des consonances et des dissonances notamment.

La vraie musique, en fin de compte, est celle qui sort des doigts de l'interprète.

Vous voulez y aller?

Qui: Murray Perahia, pianiste

Quoi: Bach, Beethoven, Schubert et Chopin

Où: salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre

Quand: mardi à 20h

Billets: 51,50$ à 74,50$

Tél.: 418 643-8131

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