Maurice Steger, le génie de la flûte

La profonde complicité qui régnait entre Maurice Steger... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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La profonde complicité qui régnait entre Maurice Steger (à gauche), le chef Bernard Labadie (à droite) et certains membres des Violons du Roy, notamment la violoniste Nicole Trotier, était remarquable.

Le Soleil, Patrice Laroche

(Québec) On ne peut s'imaginer tout ce qu'il est possible de tirer d'une flûte à bec, ni qu'on puisse élever la pratique de ce modeste instrument en art à part entière, avant d'avoir vu à l'oeuvre Maurice Steger, l'invité des Violons du Roy, mardi soir, au Palais Montcalm. Personne, il est permis de le croire, n'en joue avec autant de précision, de joie, d'humour, de style et de brio.

Cet authentique charmeur de serpent en était à sa troisième visite à Québec. On aurait donc pu s'attendre que cette soirée présentée au profit de la Fondation de la maison Michel-Sarrazin attire un public plus nombreux. Le fait qu'il s'agissait d'un concert hors série est sans doute une des raisons qui expliquent la petite affluence. Quelque 250 spectateurs environ, m'a-t-on dit.

Cela n'a pas empêché Steger de tous les faire craquer, comme les autres fois. On a beau déjà connaître son incroyable virtuosité, l'émerveillement se renouvelle comme par magie dès son entrée en scène. Enfin! Comment un univers musical si riche et si beau peut-il jaillir d'un instrument si modeste? Le soliste lui-même ne semble pas se lasser de la réaction étonnée et admirative du public, mais plutôt s'en réjouir et s'en inspirer.

C'est avec Telemann que le flûtiste suisse s'est lancé à la conquête de l'auditoire, subtilement, habilement, et avec un sens de l'à-propos qui donne à cette musique un caractère d'absolue nouveauté. On ne pouvait pas ne pas remarquer la profonde complicité qui régnait entre Steger, le chef Bernard Labadie et certains membres des Violons du Roy, notamment la violoniste Nicole Trotier. Cette symbiose s'est traduite par une exécution solide, équilibrée, propre et finement découpée. Le mouvement intitulé Les plaisirs a donné lieu à des revirements rythmés très palpitants.

Dans le Concerto en fa de Geminiani, un autre moment fort offert en fin de programme, le soliste a semblé atteindre une sorte d'état de grâce. La beauté aérienne, indomptée, sauvage, un peu délirante de son jeu rappelait le génie du merle.

Les Violons du Roy et leur chef ont également eu l'occasion de briller dans l'interprétation du Concerto grosso en si bémol majeur de Handel, allumée et sensible, puis dans celle du ré mineur de Geminiani, remplie de sonorités flamboyantes et recherchées.

LES VIOLONS DU ROY Direction : Bernard Labadie, chef d'orchestre. Soliste : Maurice Steger, flûte à bec. Handel : Concerto grosso en si bémol majeur, Hornpipe. Telemann : Suite en la mineur pour flûte à bec alto. Sammartini : Concerto en fa majeur pour flûte à bec soprano. Geminiani : Concerto grosso en ré mineur La Follia (d'après Corelli); Concerto pour flûte à bec no 10 en fa majeur. Mardi soir à la salle Raoul-Jobin du Palais Montcalm

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