Prétendant être la plus grande fresque de Noël en Amérique du Nord, la production saguenéenne se veut à la hauteur des attentes qu'elle s'est elle-même fixées de par son univers visuel absolument féerique digne de Broadway. Impossible de ne pas retrouver son coeur d'enfant devant la scénographie du premier tableau faite d'un village qui s'anime sous un immense sapin, un exercice de style incroyablement bien réussi. Sans parler des costumes au style vintage impeccable, en totale symbiose avec les décors qui repoussent les limites de la beauté d'un tableau à l'autre.
Simplicité
Du côté de la musique, le medley presque continu de pièces de Noël du début ne réinvente pas la roue, mais il tire tout son charme de l'interprétation débordante de bonheur des chanteurs (enfants comme adultes) qui ne connaissent pas les fausses notes. Une distribution qu'on sent tissée serré, de par sa complicité qui crève les yeux lorsque les interprètes sont tous ensemble sur scène.
En ce sens, une mention toute spéciale au charismatique ex-partipant à Star Académie Marc-André Fortin mis en valeur par le spectacle et visiblement plus épanoui dans ce contexte de comédie musicale. On remarque aussi Marie-Ève Riverin (chanteuse, directrice artistique et vocale) qui sort du lot, qui brille totalement.
Les six danseurs ne donnent pas leur place non plus, avec leur grand synchronisme qui n'est visiblement pas étranger à leurs qualités techniques. Une qualité (trop) rare dans les spectacles à grand déploiement comme Décembre. D'autant plus que la production a cru bon inclure un audacieux numéro de danse contemporaine et absolument envoûtant.
Dommage que les projections multimédias un peu brouillonnes ne soient pas à la hauteur des décors. Une petite lacune facilement excusable quand on entend leur version de Minuit, chrétiens qui donnerait la chair de poule même au plus grand coeur de pierre. D'autres moments forts? Assurément l'interprétation de pièces plus récentes, 23 décembre et La chasse-galerie, respectivement popularisées par Beau Dommage et Claude Dubois.
Une production quasi parfaite en son genre qui vient défendre la solide réputation du Saguenay, qui excelle dans l'art de mettre au monde des spectacles à grand déploiement. Si bien que l'on comprend l'attachement du public de Montréal, et qu'on se demande même pourquoi il a fallu attendre huit hivers avant de voir Décembre à Québec.