Pierre Hébert: grand niaiseux!

Pierre Hébert donne dans le stand-up comique avec... (Collaboration spéciale Michel Tremblay)

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Pierre Hébert donne dans le stand-up comique avec des histoires complètement loufoques, une énergie sautillante et un talent de conteur impressionnant.

Collaboration spéciale Michel Tremblay

(Québec) Pour Pierre Hébert, être tata, c'est une qualité. Tata comme dans «ne pas se prendre au sérieux», tata comme dans «un niaiseux qui profite de la vie».

Pour un humoriste, être tata, c'est commode, et ça fait rire. La salle Albert-Rousseau était de toute évidence prête à accueillir le premier spectacle solo de Pierre Hébert. Sa réputation, probablement propulsée par Internet, le précédait. Avec deux Olivier sur son manteau de cheminée et une bouille qu'on a vue à la télé (Vrak la vie et Un gars le soir), il avait de quoi se tenir debout. Et la salle remplie de jeunes têtes avait son admiration toute prête.

Il n'a pas semblé un brin nerveux, le grand niaiseux. Pas un brin vulnérable, même si c'est le thème de son spectacle. Dès le départ, il nous accroche dans un délirant coup de téléphone réalisé avec son frère dans un IGA de Sherbrooke, puis se déchaîne contre les soupers de filles - féministes s'abstenir - qui, nous l'avouerons, touche dans le mille même s'il n'est pas exactement flatteur pour ces dames...

Drogue, alcool, sexe, pipi, caca. On n'y échappe pas. Ce pourrait presque être trop, mais une fois enrobée dans des histoires complètement loufoques, la pilule passe plutôt bien.

Devant une scénographie assez simple, inutilisée d'ailleurs, le jeune humoriste de 30 ans donne dans le stand-up comique pur, ne se glissant qu'une seule fois dans la peau d'un personnage...

Et le public l'attendait : «C'est vendredi, on fait l'amour...» Renaud, le personnage calqué sur le handicapé mental du téléroman Annie et ses hommes, a fait le délice du public dans un numéro très court, mais totalement cru - prudes s'abstenir de lire la prochaine ligne. Dans l'univers de Renaud, il y a des pets de nounes, des plottes, de la masturbation et des femmes fontaines dans toutes les phrases...

Liberté d'expression

Sans la façade du personnage, le propos serait complètement déplacé, mais Pierre Hébert le transforme en un prétexte pour parler de cette chère liberté d'expression : «On a tous une partie de nous qui aimerait toujours dire ce qu'elle pense, comme Renaud.» C'était avant d'éprouver un petit (faux?) malaise devant la présence d'un enfant de 11 ans dans la salle...

Ce qu'on retiendra surtout, c'est l'énergie sautillante de Pierre Hébert, qui nous mène en bateau dans ses anecdotes-fleuves avec un talent de conteur impressionnant. Il maîtrise totalement l'art du rebondissement, mais on pourra lui reprocher un petit manque de punch, justement, pour marquer la fin des numéros. L'humoriste, qui possède un bac en psychologie, se révèle aussi capable de rire efficacement de choses épouvantables, comme dans l'épisode où sa blonde a failli mourir à l'hôpital.

Pierre Hébert a entre les mains un show équilibré, qui se tient - ses deux complices, le metteur en scène Joseph Saint-Gelais et le script éditeur François Avard y sont probablement aussi pour quelque chose.

Au bout du compte, tout ce qu'on a envie de dire, comme sa mère, c'est, avec un sourire : «Maudit niaiseux!»

Note : un spectacle supplémentaire aura lieu le 18 avril à la salle Albert-Rousseau.

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