«On ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs», a illustré mercredi le directeur de production pour l'oeuvre d'Ex Machina, Mario Brien. Il est bien au fait que certains spectateurs ont eu un peu de mal à s'adapter à la nouvelle version 3D, soulignant notamment que les images semblent plus sombres sous les lunettes conçues spécialement pour le Moulin.
«Il y a toujours des avantages et des inconvénients. Nous, on a pris des risques dans tout ça», poursuit M. Brien, qui se dit content de ces changements, véritable «tour de force» technique. Chaque image a été retravaillée, a-t-il indiqué mercredi lors d'une visite de presse dans les coulisses du Moulin à images présenté jusqu'au 3 septembre avec des supplémentaires les 8, 9 et 10 septembre.
«Oui, on entend les commentaires à la sortie du spectacle. Il y a des gens enchantés, d'autres qui vont sortir quelques petites critiques. Mais en général, ils sont super contents, il y a du monde, ça n'arrête pas», poursuit M. Brien.
Selon lui, le virage 3D était une façon d'aller de l'avant, d'éviter de se répéter, à l'image du travail de son concepteur Robert Lepage.
«Il y aura toujours des gens qui vont dénigrer notre travail et qui vont demander si ça valait la peine. Mais Robert Lepage fait de l'art. Peu importe ce que les gens diront, ce n'est pas ce qui va altérer notre travail. Nous, on s'est dit qu'on allait faire vivre une nouvelle expérience aux gens», poursuit M. Brien dans les locaux de la production du Moulin.
Des salles impressionnantes dotées d'ordinateurs qui contrôlent les 27 projecteurs abrités dans des cabines placées au sommet de poteaux construits spécialement pour l'oeuvre.
Un grand défi
La 3D a aussi représenté un grand défi pour la conception des images, explique M. Brien. Couvrir 77 silos à grains de la Bunge, l'équivalent de 25 écrans IMAX, demande de grandes images. Comme celle d'un avion dont le rendu a pris 20 jours à 70 ordinateurs!
«La tâche était énorme», relate Mario Brien, qui salue le travail de l'équipe d'Ex Machina. «Quand on est arrivés avec la proposition de faire de la 3D, tout le monde a dit : "Alright! c'est le fun, on va se retrousser les manches et on embarque là-dedans. On va pousser la machine et aller encore plus loin."»
Le Moulin à image sera présenté l'an prochain dans la même version que cet été. Par la suite, 20 à 30 % du contenu sera renouvelé pour son dernier été de présentation en 2013.
Étude sur l'achalandage
La firme SOM mène présentement une étude pour connaître le nombre de personnes qui assistent au Moulin à images. Après le grand succès de la production multimédia de Robert Lepage à l'occasion du 400e en 2008, la Ville de Québec avait décidé d'injecter 21,8 millions $ pour poursuivre pendant cinq ans la présentation gratuite de l'oeuvre sur les silos de la Bunge.
Or, une baisse d'achalandage en 2010 avait incité la Ville et Ex Machina à donner un nouveau souffle à la production en la présentant en 3D avec 30% de son contenu renouvelé.
Bien que l'enquête sur la fréquentation était déjà prévue dans le contrat avec Ex Machina, elle devient particulièrement intéressante pour évaluer l'effet des changements majeurs apportés cet été.