Le président du Festival, Gaston Déry, s'est dit extrêmement fier du succès remporté. «Pendant deux semaines, un vent d'opéra a soufflé sur Québec», a-t-il claironné en traçant le bilan des activités, hier. Les résultats sont éloquents : toutes les représentations du Rossignol et autres fables de Robert Lepage et d'Une flûte enchantée de Peter Brook ont affiché complet. Au total, ce sont quelque 8000 billets qui ont trouvé preneurs.
Le taux global de fréquentation du Festival a également dépassé les attentes. Le 30 juillet, alors qu'un certain Rod Stewart faisait escale à Lévis, Marc Hervieux et Marie-Josée Lord attiraient tout de même 3500 spectateurs à l'Agora. Si on tient compte des foules présentes lors des prestations de la Brigade lyrique, de l'ensemble Anonymus et des organistes Robert Patrick et Claude Girard ou lors des concerts champêtres, environ 15 000 personnes ont participé au Festival.
«On a démontré qu'il y avait de la place pour un festival d'opéra à Québec», estime le directeur général et artistique de l'organisme, Grégoire Legendre. «Je peux vous dire que beaucoup de compagnies se demandent comment on a fait pour vendre du Stravinsky à Québec en plein été.»
En dépit de ce succès populaire, le retour du rendez-vous lyrique en 2012 n'est pas acquis. M. Legendre ne peut d'ailleurs rien confirmer pour l'instant. «Je pense qu'on a réussi notre coup, constate-t-il toutefois. Dans les prochaines semaines, ça va se développer très rapidement.»
Pour atteindre ses objectifs, le Festival disposait d'un budget de 1,7 million $. De cette somme, près de 1 million $ provenait de la billetterie et de commandites privées. Le reste du financement a été assuré par le Conseil des arts et des lettres du Québec (415 000 $), la Ville de Québec (277 000 $) et le Bureau de la Capitale-Nationale (83 000 $). «Il a fallu être extrêmement sévères, indique Grégoire Legendre. On a coupé dans le gras, on a coupé dans le maigre, on a coupé dans l'os. On ne pouvait pas faire plus.» À titre de comparaison, un budget comme celui dont dispose le Festival de Spoleto, aux États-Unis, atteint 10 millions $.
Gaston Déry relève par ailleurs que la petite organisation - sept personnes en tout - a fait ses preuves. «On a mis la table, dit-il. On a prouvé que le public voulait d'un événement comme celui-là, et on a démontré qu'en termes de qualité, l'équipe de Grégoire [Legendre] était capable de faire aussi bien sinon mieux que partout ailleurs sur la planète. Et ça, ce sont les artistes eux-mêmes qui nous l'ont dit.»
Ce premier succès pourrait con-vaincre de nouveaux partenaires de sauter dans le navire, espère Grégoire Legendre. «On a maintenant quelque chose à montrer. On a des commanditaires qui vont vouloir participer davantage. On en a d'autres qui vont peut-être se réveiller.»
Le rossignol et autres fables a par ailleurs établi un record de ventes au Grand Théâtre, tous spectacles confondus, lorsque, au lendemain de la première, le 3 août, 860 billets ont été écoulés.
«Ça prouve que lorsque la qualité est là, les gens répondent», a conclu M. Legendre.