Benjamin Beilman: la part du violoniste, l'oeuvre de Sibelius

Le violoniste Benjamin Beilman, comme les grands virtuoses du XXe siècle avant... (Christian Steiner)

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Christian Steiner

(Québec) Le violoniste Benjamin Beilman, comme les grands virtuoses du XXe siècle avant lui, adore le Concerto en ré mineur de Jean Sibelius. Sauf que dans son cas, on peut carrément parler d'une oeuvre porte-bonheur.

Son interprétation du populaire concerto a valu au jeune Américain le Premier prix du Concours international de musique de Montréal en mai 2010 et la troisième place à Indianapolis quelques mois plus tard. Ces deux récompenses en poche, sa carrière se trouve pour ainsi dire lancée.

Beilman sera le soliste invité au concert de l'Orchestre symphonique de Québec, samedi soir, à la salle Françoys-Bernier du Domaine Forget. Ce qu'on lui a demandé de jouer? Sibelius, vous l'aurez deviné.

Le musicien qui a aujourd'hui 21 ans est loin de s'en plaindre. «De tous les concertos, je crois bien que c'est mon préféré, dit-il. Il m'a permis d'orienter mon développement à la fois personnel et musical. Je l'ai travaillé pour la première fois il y a quatre ou cinq ans, afin de m'initier au b.a.-ba. C'est un peu plus tard que j'ai commencé à comprendre son côté sombre et à saisir les émotions qu'on y trouve. On aura beau ensuite y revenir trois, quatre ou cinq fois, peu importe, on découvrira toujours une nouvelle strate cachée sous la précédente.»

Beilman a repris le Sibelius avec l'orchestre du Nouveau-Mexique ce printemps. Le mois dernier, il s'est rendu en Allemagne suivre quelques leçons avec le violoniste Christian Tetzlaff. Le maître lui a fait prendre conscience des relations qu'entretiennent entre eux certains passages-clé de la partition. «Cette pièce est encore plus terrifiante que je l'avais imaginé, reconnaît-il. Certains moments me semblaient pourtant déjà si oppressants!»

Ce nouvel éclairage donne au violoniste l'opportunité de renouveler complètement son approche de l'oeuvre. «Comme individu, vous changez sans cesse, fait-il valoir. Forcément, votre conception de la vie et de la musique changent également.»

Nouvel orchestre, nouveau maestro

À noter qu'au programme de l'OSQ, samedi à Saint-Irénée, figurent également le prélude d'Hansel et Gretel d'Humperdinck, la Symphonie classique de Prokofiev et la 9e de Chostakovitch. Benjamin Beilman aura à cette occasion la chance de faire connaissance avec les membres de l'orchestre ainsi qu'avec le chef invité, Fabien Gabel. Savoir s'adapter rapidement à de nouveaux collègues fait évidemment partie de la vie d'un soliste. Du reste, les conditions ne seront jamais aussi stressantes que celles qui prévalent dans un concours.

«Lorsque vous travaillez avec un chef en vue d'un concert, vous désirez établir une sorte d'échange. Une fois sur scène, vous avez le sentiment qu'il s'agit d'un moment unique qui ne peut être répété. Lors d'un concours, vous espérez aussi bien vous entendre avec le chef et vous souhaitez qu'un respect mutuel s'installe entre les membres de l'orchestre et vous. Mais comme il y a trois ou quatre autres concurrents, et même si les musiciens jouent avec vous d'une manière merveilleuse, vous savez qu'ils se font leur petite idée quant à celui qui devrait l'emporter.»

La meilleure façon de s'en tirer, dit-il, c'est de considérer la finale d'un concours comme un concert, de jouer librement et en respectant la musique, d'y trouver du plaisir en évitant de penser que vous serez jugé sur chaque note ou sur chaque rythme.

Cela dit, la course aux concours est sans doute terminée pour Benjamin Beilman. À son grand soulagement. «Participer à un concours, c'est comme courir un marathon à tous les jours pendant deux semaines, parfois trois, voire quatre, explique-t-il. Vous devez donner la meilleure performance de votre vie quatre ou cinq fois de suite, ce qui n'a rien de naturel. C'est vidant. Ça ne me sourit donc guère. Je préfère me concentrer sur les concerts.»

Vous voulez y aller?

QUI : L'OSQ, Benjamin Beilman, violoniste, et Fabien Gabel, chef d'orchestre

: salle Françoys-Bernier

QUAND : samedi à 20h

BILLETS : 42 $ (35,75 $ pour les 60 ans et plus, 22$ pour les 16 à 30 ans)

TÉL. : 888 336-7438

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