(Québec) Avec une ironie toujours bienvenue, Anthony Kavanagh s'est imaginé, hier soir, que son deuxième Grand Gala en carrière, au Grand Théâtre, serait toujours à l'antenne en 2031. Avec son aura de séducteur baveux, une distribution du tonnerre, des numéros rythmés et si peu de faiblesses, il est fort probable, en effet, que le spectacle demeure dans les annales. Retour sur une soirée impérissable.
Kavanagh a ainsi bien mis la table en présageant, 20 ans plus tard, un Régis Labeaume premier ministre, des Nordiques qui en seraient à leur 10e Coupe Stanley et son fils qui serait soit un mâle alpha, soit... un émule d'Alex Perron. L'ex-mec comique a alors fait un caméo tout en paillettes, flanqué d'une troupe de drag queens pour entonner I Will Survive. Un départ canon pour une soirée déjantée.
«Je suis un Français, mais je ne suis pas un terroriste!» Parole de Gustave Parking, qui a fait bonne impression en déballant ses gags et ses jeux de mots à travers diverses sources de distraction.
Moins bonne réception pour Jacques Grisé, le Et de l'ancien trio comique Paul et Paul, qui s'est activé à énumérer les raisons qui faisaient de lui le parfait sosie de Mick Jagger. La démonstration trop explicative ne cadrait pas tout à fait dans le programme, ce qui s'est ressenti dans la salle.
Tout de suite après, la comédienne Valérie Blais a joué la carte de la quarantenaire dépassée par la génération Y, qu'on retrouvera probablement dans son premier one-woman-show en 2012. Elle s'en est bien tirée, mais on s'attendait à ce qu'elle fasse plus de place à la Valérie au caractère bouillant de Tout sur moi.
Jean-Claude Gélinas, en Réjean de Terrebonne, a fait ça court avec ses observations sous formes d'une ligne, un punch. Les «vaut mieux se sentir seul qu'être seul pis sentir» et «mon problème avec le sexe opposé c'est qu'il s'oppose à mon sexe» ont fait mouche, c'est le moins que l'on puisse dire.
Gagnon attendu
Apparition attendue d'André-Philippe Gagnon, «l'homme aux 400 voix», qui a donné lui aussi du pep à la soirée avec ses imitations réussies de Claude Barzotti, Yvon Deschamps ou Bobby Bazini.
Stéphane Fallu s'est surpassé en se plaignant que tout est compliqué, l'entertainer français Topick a conquis le public avec son humour maladroitement physique, et aussi P-A Méthot avec son numéro du Québécois qui ne sait pas parler anglais (malgré l'air de déjà-vu). On a dû partir au moment où Dominic Paquet et François Massicotte offraient un moment mémorable de «douchebags». Si le gala d'hier est toujours rediffusé dans 20 ans, Kavanagh pourra toujours se vanter de l'avoir animé, avec son naturel et sa bonhomie. D'autant plus qu'il pourrait s'avérer le plus réussi de la cuvée 2011. On le saura ce soir avec le dernier de la série de quatre, celui de Peter MacLeod.