Chose certaine, aucun comique n'avait de longueur d'avance face à la foule de quelque 600 personnes, composée en majorité de Français mais aussi de Québécois (dont Véronic DiCaire). À part peut-être Éric Antoine, le seul représentant de la France, qui mêle habilement la magie à l'irrévérence.
C'est Marc Boilard qui a eu la tâche ingrate de commencer la soirée, avec son sujet de prédilection : la séduction. La salle est embarquée trop tard dans son humour salace, cette fois plus didactique que son habituel mordant.
À l'inverse, Dominic Paquet a eu l'effet d'une rafale de rires en multipliant les imitations et les prouesses sur scène. Le public est redevenu plus tranquille lors du stand-up de Daniel Lemire, qui, comme à son habitude, avait ajusté son contenu aux derniers événements de l'actualité. Les blagues décochées à l'endroit de la famille royale ont été les plus appréciées, contrairement à celle qui concernait Dominique Strauss-Kahn.
Le comédien Luc Senay a été très efficace en livrant un Roméo et Juliette aux allures de tragédie grecque, avec l'appui de trois spectateurs qui ont été bons joueurs. Martin Matte a également fait mouche, en exploitant à fond son côté «pas politically correct». Mario Jean et lui ont semblé rejoindre une corde sensible des Français, soit les problèmes conjugaux et familiaux. De bons moments.
Cathy Gauthier a pour sa part fait bien rigoler avec un récit débridé jusqu'à la dernière seconde (sans jamais sacrer), le jeune humoriste Simon Delisle a dressé avec assurance la liste de ses mauvaises expériences sur un lit d'hôpital, et les Chick'n Swell ont fait montre de leur absurdité dans une poursuite policière mouvementée.
Les Frères Taloche, deux Belges qui font dans l'humour théâtral et mimique, ont eu beaucoup de difficulté à faire lever la salle. Alors qu'on pensait terminer sur cette note plutôt faible, notre fascinateur national, Messmer, est arrivé avec son aura de mystère et sa grandiloquence devant un public incrédule. Mais vite conquis.
Le spectacle s'est déroulé sous les auspices de l'animateur radio Sébastien Cauet, un Français au charisme assuré, mais qui a usé jusqu'à la corde le gag de l'accent québécois incompréhensible. De toute façon, la soirée de lundi a bien prouvé le contraire, à en croire les rires francs et les bons mots entendus à la sortie.
Le gala Humour du monde sera télédiffusé prochainement au Québec.
Les frais de voyage ont été payés par le Grand Rire.