«Écouter ne serait-ce que cinq minutes de Gilles Tremblay, ça sent le fleuve!» lance Walter Boudreau, qui estime qu'en exploitant les sons, les souffles, les rythmes d'instruments classiques comme la flûte, le piano, le violon, le compositeur recrée des sons de la nature et la force des éléments.
«Sa musique plonge ses racines dans la grande tradition des chants grégoriens, est influencée par les révolutions musicales des années 50, 60 et 70... Elle est multinationale. Très actuelle et exotique. Il s'est inspiré des airs de Java, de Bali, des percusssions de la Chine et de l'Inde», raconte M. Boudreau, fervent admirateur et ancien élève du maître.
Compositeur précoce
La carrière musicale de Gilles Tremblay, riche en rebondissements et en reconnaissances, débute au Conservatoire du Québec, où il étudie le piano et la composition. À 18 ans à peine, il va trouver Edgar Varèse (l'idole de Frank Zappa) à New York, pour lui montrer son travail. Il parfait sa formation à Paris, puis revient au bercail pour enseigner Mozart, Stravinsky, Messiaen... Et surtout, il compose, cherche à mettre des notes sur les «musiques latentes qui nous entourent». Pour l'Expo 67, il crée une bande sonore à partir de sons enregistrés partout au Québec (en forêt, sur terre et sur l'eau), qui transforme le pavillon du Québec en gigantesque boîte à musique. Les Vêpres de la Vierge (pour choeur et ensemble) et Musiques de l'eau (pour piano) sont parmi ses oeuvres les plus appréciées. Il en signe plus de 40.
De la relève
C'est entouré de ses proches que Gilles Tremblay a assisté à un bref hommage au Grand Théâtre de Québec, avant d'être reçu à l'Assemblée nationale. Auprès de son épouse, fondatrice de L'école buissonnière à Montréal; de son aînée Joëlle, artiste visuelle qui poursuit un doctorat sur l'importance de «l'art qui relie la vie», à l'Université Laval; de ses fils Jean-François, flûtiste, et Guillaume, poète, tous deux aussi pédagogues, il était heureux et ému. Même son petit-fils, Raphaël Dubé, violoncelliste avec les Violons du Roy, suit ses traces.
Une soixantaine d'activités, dont 50 concerts, auront présenté les oeuvres de Gilles Tremblay partout au pays cette saison. En avril, près de 15 000 jeunes du Québec, dont 1200 de la région de la capitale-nationale, écoutent, jouent et découvrent ce pionnier des nouvelles musiques. Plus d'informations au smcq.qc.ca