Metallica au Colisée: retrouvailles explosives!

<p>Nicolas Houle</p>

Nicolas Houle
Le Soleil

(Québec) Ce n'était pas une Halloween comme les autres, hier, au Colisée. Oui, on y a vu des sarcophages, oui, une partie du public était costumée. Mais d'abord et avant tout, c'était l'heure des retrouvailles avec les maîtres du rock lourd : Metallica.

Cinq années s'étaient écoulées depuis le précédent passage du quatuor américain. Cinq années durant lesquelles les fans s'étaient ennuyés. On n'était pas entrés dans le Colisée que déjà, les hurlements se multipliaient.

Imaginez combien l'atmosphère était électrisante à 15 minutes du début du show : les 17 000 spectateurs chantaient en choeur et faisaient la vague! À leur arrivée, James Hetfield, Lars Ulrich, Kirk Hammett et Robert Trujillo avaient des allures de dieux du métal. Tout de noir vêtus, ils bénissaient la foule avec leur musique. Les fidèles, eux, avaient le poing en l'air et hurlaient des «hey hey hey» au rythme des pièces.

Se sentir mieux...

«Notre mission est de vous faire vous sentir mieux. Et la vôtre est de nous faire nous sentir mieux», a lancé Hetfield, après avoir admis que ça faisait trop longtemps que le groupe s'était arrêté à Québec.

Les Américains n'ont pas déçu. Leur show était non seulement généreux et explosif, mais il était rodé au quart de tour, rehaussé de nombreux effets visuels. Pour That Was Your Life, en ouverture, on a eu droit à un impressionnant jeu de lasers, tandis qu'en prélude à une One bien sentie, des flammes ont surgi du sol. À ces effets qui sont revenus de temps à autre se sont ajoutés les mouvements d'imposants sarcophages, suspendus au plafond. En grande finale, de gros ballons noirs sont même tombés du plafond....

Oui, le visuel était intéressant, mais chez Metallica, c'est tout d'abord dans la performance que réside la magie. Avec le principe d'une scène centrale, on pouvait clairement voir les gars à l'oeuvre. Huit micros étaient situés autour des planches. Hetfield, sa Les Paul ou sa Flying V en bandoulière, se promenait donc d'un à l'autre. Hammett lui emboîtait le pas, la crinière au vent et les doigts alertes, tandis que l'énergique Trujillo se faisait spectaculaire, à renfort de mimiques ou en avançant presque à genoux.

Si les titres du récent Death Magnetic, solides, ont bien fonctionné, ce sont les plus vieilles pièces qui ont eu la cote. For Whom The Bell Tolls, où Ulrich était debout pour fouetter ses cymbales, l'explosive Master of Puppets, qui était en béton ou encore l'excellente Nothing Else Matters, ont déclanché l'hystérie. Seek and Destroy, en fin de soirée, était le bonbon ultime.

Un bémol : le son

Un bémol d'importance, cependant : le son. Peut-être était-ce dû à la disposition de la scène et des haut-parleurs, mais trop souvent, la musique devenait un magma sonore où l'on discernait difficilement les solos de guitare, la basse et parfois même la voix. Dommage, car la troupe était en excellente forme. On restait donc avec la désagréable impression de ne pouvoir l'apprécier pleinement.

Chose certaine, cette messe métal, qui connaîtra une suite ce soir, a rallié autant les anciens que les nouveaux fans. Hetfield a en effet demandé aux spectateurs s'il s'agissait de leur premier show ou s'ils étaient habitués. C'était moitié-moitié. L'un comme l'autre ont ainsi été accueillis dans «la famille Metallica» à renfort de décibels. Et en redemandaient.

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