Depuis quelques mois à peine sur les tablettes des disquaires, l'album éponyme de Clues semble rallier autant la critique que les fans compulsifs des défunts Unicorns. Pourtant, encore récemment, toutes sortes de rumeurs circulaient à propos de l'étrange réclusion de Penner. Après avoir joué en solo, de manière fort discrète, le guitariste et chanteur juge que le recul était sans doute nécessaire. «L'expérience des Unicorns a été tellement intense et d'assez courte durée. Par la suite, j'avais réellement besoin de m'éloigner un peu de tout ça pour savoir si c'était encore possible, pour moi, de faire des concerts et de partir en tournée. Par contre, je n'ai jamais arrêté d'écrire des chansons. Il y a eu aussi la rencontre avec Brendan qui a été déterminante. Disons que j'ai repris goût à l'idée de jouer dans une formation», remarque celui qui compose aussi de la musique de film.
Après un premier spectacle à Pop Montréal en 2007, il a fallu quand même attendre deux ans avant la sortie du premier disque de Clues. C'est l'étiquette indépendante Constellation qui prend désormais en charge cette recrue au potentiel énorme. «Don et Ian [de Constellation] nous ont vraiment beaucoup aidés. C'était difficile pour nous de faire le pont entre la scène et le studio. Les pièces étaient prêtes, mais il fallait trouver le bon moyen d'enregistrer. On a aussi mis bien des efforts au niveau des arrangements. Jusqu'à maintenant, la réaction a été très bonne. Tu retrouves un mélange d'influences sur ce disque qui fait en sorte que ce n'est pas que de l'indie-rock au premier degré. En bout de ligne, je ne cherche pas à trop analyser ce que je fais. Cela peut même devenir embarrassant de parler de sa propre musique.»
Énergie différente
Avec des dates en Europe prévues à l'automne et une demande de plus en plus forte aux États-Unis est-ce que Penner se considère prêt à reprendre une vie tumultueuse sur la route? «Pour l'instant, ça va! Lorsque j'ai pris la décision de m'investir dans Clues, je savais déjà à quoi m'attendre. Aussi, cette fois, l'énergie est différente. Notre force est véritablement la scène. C'est donc logique d'aller jouer un peu partout, autant au Canada, aux États-Unis, qu'en Europe. Par contre, il y a tellement de groupes maintenant que rien n'est gagné d'avance. Il faut donc travailler plus fort que jamais pour réussir. C'est un risque, mais on a quand même l'avantage d'être appuyé par Constellation ou Pop Montréal», laisse entendre ce visage connu du Mile-End.
Cultivant une image quelque peu mystérieuse, la musique de Clues se permet de suivre un registre très large. Ça va du rock épique et grandiose jusqu'au folk le plus dépouillé. Ce n'est donc pas un hasard si un des membres de ce quintette a déjà joint les rangs d'Arcade Fire. Toutefois, Clues possède déjà un son qui le distingue de ses contemporains montréalais. «Les chansons ont beaucoup évolué depuis les premières ébauches avec Brendan. On expérimente sans cesse et chacun donne son avis. J'aime ce genre de dialogue lorsque tu travailles en groupe. Je crois que l'album aurait pu être complètement différent. Même la production joue un rôle, à mon avis. Tu sens qu'il y a une certaine profondeur», admet bien humblement le musicien plutôt timide.
Vous voulez y aller?
QUI : Clues, Witchies, Gambletron et Les Mammographes
QUAND : 28 juillet, 21h
OÙ : Le Cercle
BILLETS : 10 $
TÉL. : 418 948-8648