S'il est vrai que Nickelback entrait favori dans la course aux Juno, le groupe de Chad Kroeger a particulièrement fait bonne figure, en obtenant trois des cinq prix pour lesquels il était en nomination, soit les Juno de l'album (Dark Horse) et du groupe de l'année, ainsi que le Juno du public.
«Nous faisons ce métier depuis un moment déjà, depuis 1996, et gagner ceci est toujours aussi fantastique!» a affirmé le leader de la formation, Chad Kroeger.
En dominant de la sorte, Nickelback a fait quelques dommages collatéraux, évinçant notamment du tableau des lauréats la formation montréalaise Simple Plan, également citée dans les catégories de l'album et du groupe de l'année.
L'album Dark Horse a quant à lui été préféré à Famous Last Words de Hedley, ainsi qu'aux productions québécoises Lost in the 80s et 70s Vol. 2, respectivement des Lost Fingers et de Sylvain Cossette.
Chez les groupes, Nickelback aura été le tombeur de Great Big Sea, The Trews et Tokyo Police Club.
Le public canadien aura pour sa part préféré les Vancouvérois aux très populaires Céline Dion, Feist, Hedley et The Lost Fingers. Les principaux intéressés en ont été les premiers surpris.
«Celui-là, on ne l'attendait pas! Pour nous, c'est le plus important. C'est la raison pour laquelle on n'a jamais eu à se chercher une job et que nous n'en avons toujours pas! Tout ça, c'est grâce aux fans!» s'est exclamé Chad Kroeger.
Victorieux la veille dans la catégorie de l'album rock de l'année pour Love at the End of the World, le Montréalais Sam Roberts a poursuivi sa récolte de statuettes en recevant le prix très convoité de l'artiste de l'année, devant les Bryan Adams, City and Colour (Dallas Green), K.D. Lang et Serena Ryder.
«Ce prix est remis à un artiste individuel, mais Sam Roberts, ce sont aussi mes musiciens. Mes premiers remerciements vont donc aux personnes avec qui je joue tous les jours. Ce serait insensé de ne pas aussi lever mon chapeau à l'incroyable compagnie avec laquelle je me retrouve en nomination pour ce prix. C'est un honneur qui dépasse l'entendement!» a-t-il soutenu.
L'auteur-compositeur torontois Dallas Green (City and Colour), qui a offert une prestation remarquée pendant le gala en compagnie de Gord Downie (The Tragically Hip), s'est pour sa part inscrit dans la lignée des Leonard Cohen et Neil Young en recevant le prestigieux Juno de l'auteur-compositeur de l'année, un prix qu'il a dédié à «tous ceux qui ont déjà essayé d'écrire leurs propres chansons».
Dans la catégorie de la révélation (solo) de l'année, la jeune Torontoise Lights et sa brillante électropop sont sorties grandes lauréates d'une sélection entièrement féminine, comptant dans ses rangs la Montréalaise Nikki Yanofsky, Kreesha Turner, Jessie Farrell et Crystal Shawanda.
«Je n'ai jamais fait ce métier pour gagner des prix, mais pour faire de la bonne musique. Je trouve cela incroyable qu'on puisse faire les choses de façon indépendante et être reconnu à une aussi grande échelle!» s'est-elle exclamée après avoir remercié ses parents d'avoir toléré ses séances nocturnes de composition.
Le dernier mais non le moindre, Kardinal Offishall a obtenu le Juno de l'enregistrement rap de l'année pour Not 4 Sale, l'album dont a été tiré Dangerous, le succès planétaire de l'été. Le rappeur torontois a ainsi éclipsé les DL Incognito, D-Sisive, Famous et Point Blank.
Parmi les artistes ayant reçu de multiples nominations, Céline Dion (trois), absente, et Hedley (trois) sont tous les deux repartis de Vancouver les mains vides.
Le gala animé par l'humoriste Russell Peters a en outre été l'occasion pour le réalisateur Bob Rock de présenter au groupe Loverboy le Juno immortalisant son entrée au Temple de la renommée de la musique canadienne. La formation de Mike Reno a été rendue célèbre grâce à des succès comme Turn Me Loose et Working for the Weekend.
Samedi, la formation montréalaise The Stills (révélation et album alternatif) et l'auteure-compositrice Ariane Moffatt (album francophone) avaient également été récompensés.