Opération Neptune Spears

Si vous avez aimé le film Opération avant l'aube,...

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Si vous avez aimé le film Opération avant l'aube, vous devriez aimer le livre Ce jour-là de Mark Owen.

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Didier Fessou
Didier Fessou
Le Soleil

(Québec) Le cinéma à la rescousse de l'édition! Rien de plus efficace qu'un film pour lancer - ou relancer - la vente d'un livre.

Si vous avez aimé le film Opération avant l'aube, vous devriez aimer le livre Ce jour-là de Mark Owen. Un récit de 320 pages paru au Seuil. C'est la traduction de No Easy Day publié par Dutton Penguin.

Ce livre a été écrit par l'un des vingt-quatre soldats de l'ombre, les SEAL de la US Navy, qui ont donné l'assaut sur la maison de Ben Laden à Abbottabad, le 1er mai 2011.

Le nom de cet homme, Mark Owen, est un pseudonyme. Question de sécurité.

L'intérêt de son témoignage est triple : la vie au sein des SEAL où Mark Owen passa de trépidantes années, les commentaires de Mark Owen sur la guerre en Afghanistan et, bien sûr, le raid au Pakistan pour neutraliser Ben Laden.

Ce sont les révélations sur la manière dont les Américains mènent la guerre en Afghanistan qui sont les plus pertinentes. Mais aussi les plus dérangeantes.

Quand il était gamin en Alaska où son père était pasteur, Mark Owen rêvait d'intégrer les SEAL. SEAL est l'acronyme de Sea, Air & Land, une unité des forces spéciales américaines.

Le rêve est devenu réalité après ses études à l'université : de 1998 à 2012, Mark Owen a servi chez les SEAL. En particulier dans la SEAL Team Six, un commando d'élite basé à Virginia Beach.

Dans Ce jour-là, il raconte sa vie chez les SEAL. Une vie faite d'entraînements rigoureux à la lutte contre le terrorisme et de rotations au Moyen-Orient. Il y évoque aussi la camaraderie, ce précieux ciment sans lequel il n'y aurait pas de forces spéciales.

Par le plus curieux des hasards, c'est le 11 septembre 2001 que Mark Owen a effectué sa première mission au sein des SEAL. Il était en poste à Okinawa, au Japon. Par la suite, il a crapahuté en Irak, en Afghanistan, dans la Corne de l'Afrique. Il a été au nombre de ceux qui ont sauvé le capitaine Richard Phillips, capturé par des pirates somaliens sur le porte-conteneurs Maersk Alabama.

Des commentaires de Mark Owen sur la guerre en Afghanistan, il faut retenir deux choses.

Une, la disproportion effarante des forces en présence. D'un côté, des Occidentaux dotés de la haute technologie la plus performante. De l'autre, des moudjahidines afghans chaussés de simples espadrilles et armés de lance-roquettes.

Deux, l'évolution du conflit : «En Afghanistan, tout devenait plus compliqué. À chaque déploiement, on se trouvait avec de nouvelles exigences, de nouvelles restrictions. Pour faire approuver une mission, il fallait des pages et des pages de PowerPoint. Juristes et officiers d'état-major scrutaient les moindres détails. Les politiques nous demandaient d'oublier tout ce que nous avions appris, surtout les leçons apprises dans le sang : ils voulaient des solutions politiques.»

Petit à petit, observe Mark Owen, les opérations militaires sont devenues des opérations de police : «On avait l'impression de faire la guerre avec une main et de remplir des formulaires administratifs de l'autre. L'ennemi a appris à tirer parti de ces règles. Il n'a pas tardé à s'y adapter. Avec l'accumulation de nouveaux règlements, il devenait de plus en plus difficile de justifier les risques vitaux que nous prenions. Le job était devenu une stratégie d'évitement au lieu de combattre.»

Au printemps 2011, Mark Owen et ses copains de la SEAL Team Six sont convoqués à une réunion ultra-secrète à la base de Virginia Beach.

Là, un officier leur annonce qu'ils partent faire un exercice collectif de mise au point en Caroline du Nord : «J'ai très peu d'information. Contentez-vous de préparer un équipement d'assaut standard.»

Sur place, ils comprennent qu'ils vont s'entraîner à la mission de leur vie : «On va choper Oussama Ben Laden. Ils l'ont trouvé au Pakistan.»

À Washington, le président Obama tergiverse. Deux options sont sur la table : un assaut terrestre pour se saisir de Geronimo (nom de code de Ben Laden) ou une frappe aérienne par les bombardiers B-2 Spirit.

Le secrétaire à la Défense, Robert Gates, est partisan de la frappe aérienne, car elle viole moins ouvertement le territoire pakistanais. Trente-deux bombes intelligentes de neuf cents kilos seraient larguées sur la maison où se terre Ben Laden à Abbottabad. Le bombardement durerait une minute et demie et le cratère creusé aurait au moins dix mètres de profondeur au cas où il existerait un abri souterrain.

Fin avril, Washington donne enfin le feu vert pour un assaut terrestre. En prime, cette ultime recommandation d'un avocat du gouvernement aux membres de la SEAL Team Six : «Si Geronimo est nu et les mains levées, vous ne devez pas tirer. S'il ne constitue pas une menace, vous le ferez prisonnier.»

Le commando embarque à bord d'un énorme C-17 Globemaster. Direction Jalalabad, en Afghanistan.

L'opération Neptune Spears vient de commencer...

De retour aux États-Unis, Mark Owen et ses frères d'armes ont été félicités par le président Obama lors d'une cérémonie au quartier général du 160e régiment des opérations aériennes spéciales, au Kentucky.

Après la cérémonie, Obama a invité toute l'équipe à venir prendre une bière à la Maison-Blanche. Invitation qui ne s'est jamais concrétisée.

Quelques mois plus tard, évoquant cette invitation avec un de ses copains, Mark Owen se fait répondre : «T'as cru à ces conneries?»

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