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Gangster Squad : Covert Cops, the Mob, and the Battle for Los Angeles de Paul Liberman

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Didier Fessou
Didier Fessou
Le Soleil

(Québec) La semaine prochaine, une production hollywoodienne à gros budget fera beaucoup parler d'elle dans les médias : Escouade gangster. Traduction superficielle de Gangster Squad.

Une meilleure traduction aurait été L'unité spéciale, du nom de la brigade de policiers californiens chargés de lutter contre le crime organisé et dont le film raconte les exploits.

Doté d'un budget de promotion de 50 millions $ et mettant en vedette Sean Penn dans le rôle du gangster Mickey Cohen, ce «film événement» s'inspire du livre Gangster Squad : Covert Cops, the Mob, and the Battle for Los Angeles de Paul Liberman. Un pavé de 560 pages publié par Thomas Dunn Books.

Paul Lieberman est un journaliste qui a exercé ses talents au Atlanta Journal-Constitution et au Los Angeles Times. Son récit repose sur des faits avérés et documentés.

L'éditeur français Michel Lafon a acquis les droits pour une traduction d'à peine 480 pages et intitulée Gangster Squad. En librairie le 14 janvier.

À la fin des années 1930, le crime organisé avait trouvé une nouvelle proie : Los Angeles. La ville du maire Frank Show devint La Mecque du vice avec mille huit cents bookmakers, six cents bordels, deux cents salles de jeu et vingt-trois mille machines à sous.

La corruption était endémique et c'étaient les flics qui étaient les... gangsters!

Après l'attaque sur Pearl Harbour, en décembre 1941, l'entrée en guerre des États-Unis donna un formidable coup d'accélérateur à l'économie de Los Angeles : six usines d'aviation ouvrirent à moins de quinze kilomètres de son centre-ville et d'immenses chantiers navals poussèrent comme des champignons dans tous les ports du comté.

Un an à peine après le déclenchement des hostilités, Los Angeles accueillait 569 000 nouveaux résidents.

À cette époque, deux hommes régnaient sur la Cité des anges : Bugsy Siegel, l'élégant réfugié du syndicat du crime de New York, et Jack Dragna, l'importateur de bananes sicilien qui avait sous sa coupe tous les cercles de jeu clandestin.

C'est Bugsy Siegel qui, en 1945, fit construire le Flamingo, le premier hôtel-casino d'une petite ville poussiéreuse du Nevada appelée Las Vegas. À l'époque, l'hôtel le plus luxueux du monde.

La construction du Flamingo fut un cauchemar. Malfaçon dans les travaux et dépassement des coûts. Furieux de voir leur argent gaspillé, les «amis» de Bugsy Siegel réglèrent le problème à leur manière. Le 20 juin 1947, le gentleman d'Hollywood fut abattu dans son manoir de Holmby Hills.

Un nouveau personnage entra en scène et s'installa sur le trône de Bugsy Siegel : Mickey Cohen. The Mick. De son vrai nom Meyer Harris Cohen. Un gamin des rues élevé à la dure à Boyle Heighs. Qui se vantait de n'être jamais allé à l'école. Toujours tiré à quatre épingles et se lavant les mains un million de fois par jour.

Son équipe était constituée de Juifs, comme lui, et d'Italiens.

Au sein du service de police de Los Angeles, le célèbre LAPD, un groupe de policiers avait pour mission de pourrir la vie de Mickey Cohen. Ce groupe, c'était le «Gangster Squad».

Cette unité spéciale fut mise sur pied par le lieutenant Willie Burns. Son objectif? Un, empêcher les gangsters de s'entretuer, et deux, essayer de les contenir.

Constituée de huit policiers, dont le sergent Jack O'Mara, cette unité était dotée de mitraillettes Thomson, de deux vieilles Ford rouillées et disposait d'une réserve d'argent liquide fournie par les services secrets pour graisser la patte des indics susceptibles de communiquer des informations.

Cette unité n'avait pas de bureaux et les «réunions» de ses membres avaient lieu au coin des rues ou dans des stationnements. Cette unité ne pouvait pas procéder à des arrestations et si elle devait coffrer un client, elle appelait la brigade criminelle, ou la mondaine, ou les stups.

Officiellement, cette unité n'existait pas!

C'est la vie au jour le jour de cette unité spéciale que relate Paul Lieberman dans Gangster Squad. À travers les activités de cette unité, c'est la Cité des anges au début des années 1950 que dépeint l'auteur.

Los Angeles à cette époque, c'était comme Chicago dans les années 1920. Une étude du LAPD constata qu'il était facile d'y tuer quelqu'un sans être inquiété.

Et comme à Chicago du temps d'Al Capone, la police de Los Angeles était impuissante.

À preuve cette anecdote : le seul motif qui permit l'arrestation de Jack Dragna fut la pipe que lui fit une gentille escorte. C'était une infraction en vertu du Code pénal californien. Le juge Vernon Hunt condamna le dangereux et influent mafioso à trente jours de prison pour conduite immorale.

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En complément de lecture, je vous propose de rester dans le même sujet grâce à un beau livre de 176 pages publié par Hors Collection et signé Laurent Chollet : Le cinéma de ma jeunesse.

Cette rétrospective illustrée couvre les années 1945 à 1995 et rappelle bien des souvenirs.

La guerre à peine terminée, le Technicolor s'empara des écrans et les Errol Flynn, Clark Gable, Ava Gardner, Rita Hayworth, Gary Cooper nous en mirent plein la vue.

Puis arrivèrent les années 1960 avec la Nouvelle Vague, les premiers James Bond, les comédies burlesques de Louis de Funès. Puis les années 1970 et la mode du karaté avec Bruce Lee, le cinéma érotique avec Emmanuelle, le space opera avec La Guerre des étoiles, les films de Sylvester Stallone...

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