Mon beau marronnier

Mon tour du Monde d'Éric Fottorino...

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Mon tour du Monde d'Éric Fottorino

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Didier Fessou
Didier Fessou
Le Soleil

(Québec) Chaque année à ce moment-ci, la même routine : mes livres préférés. Dans le patois journalistique, on appelle ça un marronnier. Que Wikipédia définit comme un article d'information consacré à un événement récurrent et prévisible. La qualité première du marronnier est qu'il n'est jamais écrit dans l'urgence, puisque sa parution est programmée d'une année sur l'autre.

Donc, aujourd'hui, mon beau marronnier. À propos des livres que j'ai le plus appréciés en 2012.

À cette nuance près : cette liste n'est pas celle des meilleurs livres de l'année. Pourquoi? Lorsqu'on se lance dans ce genre de classement, subjectif et arbitraire par définition, ce sont toujours les livres lus récemment qui émergent.

Je procède autrement pour ne pas tomber dans ce piège. Ainsi, chaque mois, je note le titre du livre qui m'a le plus épaté ou le plus intrigué. C'est cette liste, mois après mois, que je vous propose.

- Janvier : On nous appelait des Sauvages de Dominique Rankin (Le Jour, 160 pages). Le fascinant parcours d'un chef héréditaire algonquin qui a retrouvé sa fierté le jour où il a compris que ce n'était pas l'Église catholique qui l'avait violé, ni les Blancs et leur gouvernement mais «des hommes et des femmes malades».

- Février : C'était au temps du mammouth laineux de Serge Bouchard (Boréal, 324 pages). Le témoignage d'un homme qui a beaucoup, beaucoup à dire et pour qui la vie est un agréable passe-temps. Entre la naissance et la mort, il faut savoir s'occuper. Certains, comme lui, savent mieux s'occuper que d'autres.

- Mars : Robert Bourassa de Georges-Hébert Germain (Libre Expression, 416 pages). Magnifiquement écrite, cette biographie est bourrée d'informations et restitue fidèlement l'esprit des turbulentes années 60 et 70. Le portrait saisissant de vérité d'un homme sympathique, drôle et attachant, mais qui savait se montrer rusé, ondoyant et parfois sournois.

- Avril : Le temps figé de Hans-Jürgen Greif (L'Instant même, 278 pages). La vie d'un relieur d'art, Denis, en deuil de sa maîtresse et qui, tous les jours de la semaine, se rend auprès de sa mère qui vit au Centre d'hébergement et de soins de longue durée de la rue Lockwell, à Québec. Un livre beau et émouvant qui donne à réfléchir sur la manière dont le Québec traite les personnes âgées.

- Mai : Triple frontière de Sebastian Rotella (Éditions du Rocher, 304 pages). À mi-chemin entre le roman et le reportage sur la corruption des policiers et des politiciens mexicains et américains. Sans oublier les trafics en tous genres à la frontière entre le Mexique et les États-Unis. Ce récit donne froid dans le dos. Nous vivons dans un monde dangereux.

- Juin : Mon tour du Monde d'Éric Fottorino (Gallimard, 544 pages). Un journaliste français se raconte. Et raconte le journal dans lequel il travaillait, Le Monde, et qu'il a fini par diriger avant de le vendre à des investisseurs privés. On tombe de haut en lisant cette autobiographie : Le Monde ne mérite pas la réputation de journal de référence dont il s'enorgueillit.

- Juillet : Comment parler des lieux où l'on n'a pas été de Pierre Bayard (Éditions de Minuit, 160 pages). Un essai érudit et plein d'humour dans lequel on comprend que la vérité est une fiction littéraire. À moins que ce ne soit le contraire : la fiction est une vérité littéraire. Ainsi, par exemple, Marco Polo ne serait jamais allé plus loin que Constantinople.

- Août : Le mandarin de l'ombre de Roch Bolduc (Septentrion, 298 pages). On ne s'ennuie pas en lisant les souvenirs de ce haut fonctionnaire qui a servi huit premiers ministres québécois avant d'aller exercer ses talents dans l'entreprise privée puis au Sénat canadien. Un homme dont l'optimisme et l'énergie sont contagieux. Et qui, à 83 ans, continue de croquer à pleines dents dans la vie.

- Septembre : Troubadour des temps modernes de Simon Walls (Bertrand Dumont Éditeur, 180 pages). Guitare au dos, Simon Walls a traversé le Canada. De Victoria, Colombie-Britannique, à St. John's, Terre-Neuve, il a marché 7056 kilomètres et il a connu le froid, la chaleur accablante, la faim et l'inconfort. En retour, il a découvert la générosité, le partage et l'entraide. Un récit sympathique et stimulant.

- Octobre : Les expulsés de Ray M. Douglas (Flammarion, 512 pages). Une page d'histoire honteuse et oubliée : l'épuration ethnique dont été victimes les millions d'Allemands qui vivaient en Tchécoslovaquie, en Roumanie, en Hongrie et en Yougoslavie ou dans des régions qui, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, ont été arrachées à l'Allemagne et attribuées à l'URSS, aux républiques baltes et à la Pologne.

- Novembre : Joseph Anton de Salman Rushdie (Plon, 736 pages). Parce que son roman Les Versets sataniques a déplu aux musulmans, Salman Rushdie fut condamné à mort par l'ayatollah Khomeiny. Pour échapper à cette fatwa, l'écrivain a vécu en fugitif pendant pendant une douzaine d'années. Il a alors découvert que les problèmes, il n'y a rien de tel pour savoir qui sont vos vrais amis.

- Décembre : 33 histoires vraies racontées par des médecins (D & F Éditions, 152 pages). Derrière chaque médecin, il y a un homme ou une femme qui a des émotions et des sentiments. Dans ce livre vibrant et plein de tendresse, ils témoignent et rapportent des situations inattendues auxquelles ils ont parfois été confrontés.

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