Sexe, mensonges et politique

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Didier Fessou
Le Soleil

(Québec) Peut-on faire confiance aux valeurs morales de ceux qui nous gouvernent?

À l'examen de leur vie privée, on constate que la plupart des politiciens ont du mal à contrôler leur libido: Staline aimait les jolies filles et en consommait beaucoup, Mussolini était un amoureux invétéré du sexe faible, Mao Zedong collectionnait les conquêtes, Kennedy aussi, Bokassa se vantait d'avoir dix-neuf épouses, Valéry Giscard d'Estaing ne détestait pas aller à la chasse, Bill Clinton avait une stagiaire extraordinairement dévouée, Mitterrand menait une discrète double vie, Chirac s'était bâti une flatteuse réputation, Berlusconi célébrait ses bunga bunga, etc.

Sans oublier les exploits de Henri IV, cinquante-huit maîtresses avouées, ou ceux de Napoléon 1er, sportif d'alcôve de haut niveau.

Ancien président de l'Université Paris8, le juriste Pierre Lunel s'est intéressé à ces tyrans et à ces démocrates obsédés par le sexe et frappés du «syndrome du jupon». Publié par Archipel, le fruit de ses observations a pris la forme d'un livre de 312 pages intitulé Sexe, mensonges et politique. Un ouvrage divertissant.

L'animal politique, constate-t-il, possède un talisman plus irrésistible que la potion magique du druide: le pouvoir. Le pouvoir dont Henry Kissinger, l'éminence grise de Richard Nixon, disait qu'il était «l'aphrodisiaque absolu». Et ce cher Henry parlait en connaissance de cause: sa réputation de tombeur de femmes ne connaissait aucune limite, alors qu'il était bedonnant, affublé d'un appendice nasal à faire pâlir Cyrano, et ressemblait à un voyageur de commerce.

Curieusement, note l'auteur, le caractère aphrodisiaque du pouvoir semble échapper aux femmes à en juger par ces dirigeantes dénuées de tout sex appeal et qui furent pourtant de grandes politiciennes : Golda Meir, Margareth Thatcher, et, aujourd'hui, Angela Merkel.

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L'art du jeu

Un premier roman qui, selon The New York Times, a tout de suite trouvé sa place au panthéon des classiques. Au point que HBO a acquis les droits pour en faire une adaptation télévisée. Au Westish College, Henry Skrimshander est un champion de baseball. Jusqu'au jour où il rate un lancer facile. Déstabilisé, il remet en cause la brillante carrière à laquelle il est promis. Guert Affenlight, le président de Westish College, tombe amoureux. Owen Dunne, coéquipier et meilleur ami de Henry Skrimshander, se lance dans une liaison dangereuse tandis que Mike Schwartz, le capitaine de l'équipe, se met à douter de son propre avenir. Là-dessus arrive Pella, la fille de Guert Affenlight, qui vient d'échapper à un mariage malheureux...

CHAD HARBACH

JC LATTÈS, 672 PAGES

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Désaccords mineurs

Compositeur, Richie Rossiter meurt dans la jeune soixantaine. Il laisse derrière lui sa compagne depuis 23 ans, Chrissie, qu'il n'a cependant jamais voulu épouser, et leurs trois filles adolescentes. Un an avant sa mort, il avait modifié son testament de manière à léguer à son épouse Margaret, qu'il n'a jamais revue mais dont il n'a pas divorcé, et à Scott, son fils, le piano Steinway sur lequel il a composé toutes ses chansons, ainsi que les redevances qui les accompagnent. La disparition de Richie oblige Chrissie et Margaret à prendre conscience d'un passé et d'un présent qui ne peuvent plus agir à leur insu.

JOANNA TROLLOPE

FIDES, 336 PAGES

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De Victoria à Vladivostok

Ce livre s'attarde sur un chapitre oublié de l'histoire du Canada et de la Russie: le périple de Victoria à Vladivostok, en 1918, de 4200 soldats canadiens envoyés en renfort dans la guerre contre le bolchevisme. Cet ouvrage éclaire la manière dont l'Expédition sibérienne a exacerbé les tensions au sein de la société canadienne à une époque où la classe ouvrière s'était radicalisée, où de nombreux Canadiens français et jusqu'aux soldats eux-mêmes contestaient une entreprise militaire destinée à contrer la Révolution russe. Selon Bejamin Isitt, un historien spécialisé dans l'histoire du Canada moderne, cette Expédition sibérienne ne fut pas un simple épisode embarrassant, comme on l'a longtemps affirmé.

BENJAMIN ISITT

PRESSES DE L'UNIVERSITÉ LAVAL, 364 PAGES

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Fernand de Magellan

Cette biographie romancée raconte le destin hors du commun de Fernand de Magellan. Élevé à la cour de Lisbonne, ce gentilhomme désargenté et nourri des valeurs de la chevalerie servit aux Indes et en Berbérie avant d'être blessé. Devenu inapte au métier des armes, il vivait d'une modeste pension tout en rêvant d'être le premier à franchir au sud de l'Amérique, tout juste découverte, le passage menant aux épices des Moluques. Mais la cour de Lisbonne lui refuse ce qu'elle avait déjà refusé à Colomb: une flotte de quelques navires. Il n'a d'autre solution que de se mettre au service de l'Espagne, de gagner la confiance du futur Charles Quint et de convaincre ses nombreux adversaires. Des obstacles à la mesure du voyage qui l'attend.

PATRICK GIRARD

ÉDITIONS No 1, 448 PAGES

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Prisonniers nazis en Amérique

C'est une page d'histoire peu connue, mais elle est suffisamment importante et révélatrice pour avoir retenu l'attention de l'historien et documentariste Daniel Costelle. Pendant la Seconde Guerre mondiale, pas moins de 380 000 prisonniers de guerre allemands ont été internés aux États-Unis. Dans les camps de détention, les Américains ont laissé proliférer l'idéologie nazie. Les soldats allemands les plus fanatiques ont voulu croire jusqu'au bout à la victoire du Reich et les traîtres mettaient à mort. Les traîtres étaient ceux qui se comportaient en vaincus et qui commençaient à goûter, même marginalement, aux bienfaits de l'American way of life en travaillant sur des fermes. Un ouvrage surprenant et parfois choquant.

DANIEL COSTELLE

ACROPOLE, 336 PAGES

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Le livre des proverbes

Voici un livre que l'on devrait toujours avoir à portée de la main. Et il est facile et agréable à consulter: Le livre des proverbes de Sylvie Rozé.

Un document de 806 pages publié par Omnibus. En prime, des illustrations anciennes de Caran d'Ache et Benjamin Rabier. Le ton du livre est léger, mais plein de bon sens. À l'exemple de cette maxime japonaise: «À la première coupe, l'homme boit le vin. À la deuxième coupe, le vin boit le vin. À la troisième coupe, le vin boit l'homme».

Cet ouvrage s'efforce d'établir l'origine des proverbes. De fait, de nombreux proverbes nous semblent «bien de chez nous» alors qu'ils sont des traductions de proverbes arabes, africains, chinois, yiddish... L'utilité des proverbes? Nous faire peur, nous faire rire, calmer nos angoisses, exalter nos joies.

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