Marie-Claire Lévesque veut moderniser l'Institut canadien

Virage à l'Institut canadien de Québec : un administrateur de compagnie... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Le Soleil, Erick Labbé

Didier Fessou
Le Soleil

(Québec) Virage à l'Institut canadien de Québec : un administrateur de compagnie chevronné vient de passer le relais à un mandarin de la haute fonction publique.

Je n'ose pas féminiser le mot mandarin...

Donc, pour remplacer Gilbert Lacasse à la présidence, l'Institut canadien de Québec a élu une personne, Marie-Claire Lévesque, dont la feuille de route et les réalisations sont impressionnantes.

Jugez-en.

Originaire de Rimouski, Marie-Claire Lévesque a quitté son patelin en 1969 pour aller étudier la sociologie à l'Université Laval. Le bac en poche, en 1972, elle obtenait une bourse du gouvernement français pour s'exiler à Paris et y potasser la sociologie urbaine à l'Institut d'urbanisme.

Là, elle s'intéressa au transport. À l'époque, le transport orientait le développement urbain.

En 1975, précise-t-elle fièrement, Marie-Claire Lévesque fut le premier urbaniste engagé par le ministère des Transports du Québec. Elle y réalisa la première étude urbanistique sur la région de Québec et publia un rapport intitulé Le lien rive nord - rive sud par l'île d'Orléans.

En ce temps-là, d'aucuns préconisaient la construction d'un pont entre les deux rives via l'île. Une vision à laquelle s'opposait Marie-Claire Lévesque.

En 1979, Marie-Claire Lévesque était au nombre des privilégiés retenus par le programme gouvernemental Forma-cadres. L'objectif : favoriser la relève des hauts fonctionnaires et leur formation. Et pour mieux les former, on les dépaysait.

C'est ainsi que Marie-Claire Lévesque fut mutée au ministère des Affaires culturelles à titre d'adjointe au directeur général du patrimoine. Elle y resta un an, fut promue au Conseil exécutif et envoyée à Montréal pour s'occuper du projet archipel. Ce projet visait à régulariser le débit des différents cours d'eau de la région métropolitaine.

Un an après, et toujours pour une année, elle était de retour à Québec aux Affaires culturelles comme directrice de la mise en valeur du patrimoine.

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Sa formation complétée, en 1984, Marie-Claire Lévesque resta aux Affaires culturelles où elle se vit offrir le poste de directrice des arts et des équipements pour la région de Québec.

Je vous épargnerai la longue litanie des postes occupés par Marie-Claire Lévesque aux Affaires culturelles.

Ce qu'il faut retenir, c'est ce qu'elle a fait. Et ce qu'elle a fait, explique-t-elle, c'est établir les besoins des artistes et élaborer des programmes pour les accompagner tout au long de leur carrière.

Elle fut l'architecte des deux lois sur le statut de l'artiste, l'une pour les artistes de la scène et l'autre pour les artistes en arts visuels : «Le Québec a innové en la matière et par la suite le gouvernement fédéral a adopté une législation qui était un calque de la nôtre.»

Parmi les autres chantiers dans lesquels Marie-Claire Lévesque s'impliqua, il y a eu l'élaboration d'une politique gouvernementale en matière culturelle, la création du Conseil des arts et des lettres du Québec, la transformation de la Sogic en Sodeq. Sans oublier la politique de diffusion des arts de la scène et celle de la lecture et du livre.

Détachée au Conseil exécutif en 1999, elle était nommée secrétaire associée des Comités ministériels de l'éducation et de la culture, et de la science et de la technologie. Deux ans plus tard, nouveau poste: sous-ministre au ministère de la Famille. Qu'elle occupa jusqu'en 2001, c'est-à-dire jusqu'à son retour dans le milieu culturel et son accession à la direction du Conseil des arts et des lettres du Québec.

En 2004, elle prenait en charge le secrétariat et la trésorerie de Montréal, capitale mondiale du livre. Et ce, jusqu'en 2006, l'année de sa retraite.

Depuis, Marie-Claire Lévesque a fait du bénévolat au Réseau indépendant des diffuseurs d'événements artistiques, au Forum sur la diffusion des arts de la scène, à la Société du Palais Montcalm, au regroupement québécois de la danse et à l'Institut canadien de Québec.

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Élue présidente de l'Institut canadien de Québec, la semaine dernière, Marie-Claire Lévesque dit arriver à ce poste à un moment crucial : «Quand on regarde l'ampleur des activités de l'institut, il y a une modernisation à faire.»

Elle proposera donc trois choses au conseil d'administration :

- réfléchir à la manière dont il faut envisager l'avenir de l'Institut canadien de Québec;

- assurer la pérennité du festival littéraire Québec en toutes lettres;

- prendre en charge la Maison de la littérature dont la construction sera terminée en 2014.

Cette Maison de la littérature, ajoute Marie-Claire Lévesque, devra être tout à la fois un lieu de convivialité, un lieu de rencontres et d'échanges entre le public et les écrivains, et un lieu de mémoire de la littérature québécoise.

L'Institut canadien de Québec a été fondé en 1848. Son mandat : promouvoir et démocratiser l'accès au savoir et aux oeuvres d'imagination, et sensibiliser le public aux arts et à la culture.

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