Q Qu'est-ce qui vous a poussé à raconter votre vie?
Jean-Guy Moreau Rien ne m'a poussé à vouloir raconter ma vie sinon la proposition et l'insistance de ma fille Sophie qui a finalement signé la biographie.
Marie-Claude Savard Dans Orpheline je raconte une tranche de vie de dix-huit mois, soit celle où j'ai perdu coup sur coup père et mère. Comme fille unique sans autre famille, j'avais vécu ces épreuves mais surtout les grands questionnements de vie qui viennent avec, complètement seule. J'avais besoin de raconter l'histoire d'abord pour m'aider à me situer dans une nouvelle réalité avec de nouveaux repères. La démarche était d'abord personnelle. J'avais peur d'oublier que le temps efface cette histoire qui me rattache à mes parents. Ensuite, l'idée est venue de publier l'ouvrage pour simplement partager. Je voulais partager la douleur mais surtout le cheminement personnel qui m'a permis d'arriver à être en paix et à bien vivre dans cette tourmente.
Sylvie Fréchette En fait, je me suis servie de mon parcours de vie pour tenter de créer des parallèles et des liens avec les lecteurs et les questionner sur leur vie, leur décision, leur rêve. Je me dis que ce n'est pas vrai que je suis passée à travers tout ça, que j'ai tant appris pour tout garder pour moi toute seule !
Georges Laraque Cela a toujours été un de mes rêves de pouvoir un jour écrire mon autobiographie. Dans ma jeunesse, lorsque j'ai dû combattre le racisme pour percer dans mes rêves, j'ai lu l'autobiographie de Jackie Robinson, le premier Noir à avoir joué au baseball majeur, et ce livre m'a tant inspiré que j'ai toujours rêvé un jour d'en écrire un pour inspirer les gens dans bien des sujets.
Normand Brathwaite On me l'a offert. Je n'avais pas l'intention de faire ça, mais finalement je trouvais important de raconter pourquoi et comment j'en suis arrivé là où je suis.
Q Vous êtes-vous gardé une certaine pudeur?
JGM Aucune. Aucune pudeur. J'ai donné carte blanche à ma fille et je l'ai invitée à venir fouiller dans tous les recoins de ma vie.
MCS Je n'ai pas gardé de pudeur puisqu'au départ je sentais le besoin d'aller au fond des choses. Je vivais une crise identitaire à la suite du départ de deux ancrages importants dans ma vie alors j'avais besoin d'aller à la rencontre de la personne en moi qui n'étais plus une fille unique, soutien de famille et aidante naturelle. J'avais besoin de faire le travail, c'était totalement thérapeutique. Je n'ai jamais relu le manuscrit. Je voulais coucher l'histoire sans retourner en arrière pendant le processus. Je voulais avoir le portrait le plus authentique possible de ce que j'avais vécu. Une fois le livre terminé, je l'ai remis à l'éditrice. J'ai lu l'ouvrage en entier seulement un mois avant l'impression. Il était trop tard pour reculer. J'ai eu le vertige à la lecture, mais je suis contente aujourd'hui d'avoir été brutalement honnête.
SF Bien sûr que je me suis gardée une certaine pudeur. J'ai choisi pour ce livre, les passages qui sont propices de toucher les gens, faire réfléchir. Même si ce sont des moments de ma vie qui ont très bien été documentés par le passé, raconté par moi, vu à travers mes yeux, j'ose penser que ce sera différent pour le lecteur.
GL Non, pas du tout. J'ai vraiment écrit tout ce que je pensais et tout ce qui se passait dans ma tête.
NB Pas en ce qui me concerne, pas du tout. Mais oui j'ai gardé une certaine pudeur pour les gens qui m'entourent.
Q Aviez-vous mesuré l'impact qu'aurait votre biographie?
JGM Je ne connais pas l'impact de la biographie et cela m'importe peu finalement.
MCS Aucunement. J'étais persuadée qu'un récit de vie sur un sujet à prime abord aussi lourd et triste n'attirerait pas les foules. En lisant l'ouvrage final, je me suis bien rendue compte qu'il s'agissait davantage d'un récit d'espoir. Mais avec un titre comme Orpheline, je me suis dit que bien des lecteurs prendrait le livre comme un ouvrage mélodramatique. Dès les premiers jours, j'ai été surprise des témoignages de lecteurs qui y avaient trouvé une inspiration de vie. J'ai constaté que ceux et celles qui se sont retrouvés avec le livre entre les mains ont apprécié la vérité dans le récit et ils m'ont tous dit, dans des mots différents, que c'est ce qui leur avait plu. Plus que l'histoire en soi.
SF Je crois qu'il n'existe aucun outil pour connaître l'impact d'une biographie. Les gens sont extrêmement généreux de commentaires. Je ne m'attendais pas à autant.
GL Je me doutais un peu d'un impact mais pas au point d'être un best seller dans les deux langues en moins d'un mois.
NB Non, je n'y pensais pas.
Q Êtes-vous un lecteur de biographies ?
JGM Je ne suis pas un lecteur effréné de biographies. J'ai lu avec grand plaisir Mémoires cavalières qui raconte la vie de Philippe Noiret.
MCS Je suis lectrice de biographies. La dernière que j'ai lue est celle de Steve Jobs. J'ai adoré celle de Jane Fonda, Keith Richards, Ozzy Osbourne, René Angélil et Rob Lowe. Je suis une personne qui se questionne constamment sur la vie et j'apprends autant dans celle des autres que dans la mienne. Il y a une richesse incroyable dans les récits de vie et ce que j'aime le plus, c'est quand je sens la plume de l'auteur. La biographie de Rob Lowe en est un bel exemple. J'ai appris à le connaître non seulement par les histoires qu'il a choisi de raconter mais surtout par son style d'écriture.
SF Je lis un peu pas mal toute sorte de livres. J'ai lu quelques biographies, pour essayer de mieux connaître les gens que j'admire.
GL Oui, parce que j'aime mieux lire des histoires vraies des gens qui ont eu des impacts positifs dans la société que de la fiction.
NB Je ne suis pas un lecteur de biographies. Et si j'en lis, ce sont des biographies historiques.
Q Votre livre fétiche?
JGM Les Rois Maudits de Maurice Druon.
MCS L'Alchimiste de Paulo Coehlo.
SF On nous appelle les Sauvages de Dominic Rankin, Le Petit Prince de Saint Exupéry, Qui a piqué mon fromage de Spencer Johnson.
GL Le rapport Campbell de T. Colin Campbell.
NB Un homme de Oriana Fallaci.
»» Séances de dédicaces
Jean-Guy Moreau : samedi de 12h30 à 13h 30 et de 18h à 19h, dimanche de 13h à 14h30, stand 129
Marie-Claude Savard : samedi de 11h à 12h30 et dimanche de 14h à 15h30, stand 519
Sylvie Fréchette : samedi de 13h à 15h et de 17h à 19h, dimanche de 12h30 à 14h30, stand 529
Georges Laraque : aucune séance de dédicaces en fin de semaine
Normand Brathwaite : samedi de 13h à 15h et dimanche de 13h à 15h, stand 305