Les différentes facettes de Guarnido

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Juanjo Guarnido... (Photo Rita Scaglia)

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Juanjo Guarnido

Photo Rita Scaglia

<p>Nicolas Houle</p>

Nicolas Houle
Le Soleil

(Québec) Pour ses 25 ans, le Festival de la bande dessinée francophone de Québec, qui s'ouvre mercredi, accueille un nombre record d'auteurs et de dessinateurs de la province et de l'étranger. Parmi les visiteurs, difficile de passer sous silence le passage du dessinateur de Blacksad, Juanjo Guarnido, dont on peut apprécier le style réaliste dans Omega, dernier tome de la série Voyageur.

Voyageur fait partie de ces ouvrages collectifs qu'affectionne l'éditeur Glénat. Un scénariste est à bord, mais pour assurer un rythme soutenu de parution, plusieurs artistes se chargent des dessins. Jusqu'à maintenant, l'apport de Juanjo Guarnido s'était limité à faire les couvertures. Or, pour l'ultime volume, il a demandé à ce qu'on lui réserve le boulot pour toutes les planches.

«Le projet me plaisait beaucoup et à un moment donné, j'ai voulu m'y investir plus, donc j'ai proposé de faire le dernier tome, raconte-t-il. [...] Dans ma jeunesse, je ne dessinais que de la science-fiction. Je m'en étais lassé, mais c'est une thématique que je retrouve de temps en temps et là, je me suis fait plaisir: j'ai retrouvé un amour de jeunesse!»

Incontournable Blacksad

S'il est intéressant de voir le dessinateur d'origine espagnole oeuvrer dans ce registre, il reste que c'est principalement dans l'univers de Blacksad qu'on est habitué d'apprécier son vaste talent. Il n'a pas fallu deux tomes pour que les enquêtes de l'inspecteur qui donne son nom à la série jouissent d'un immense succès. Outre la qualité des dessins et des couleurs de Guarnido, l'apport de la zoomorphie - chaque personnage a une tête d'animal qui colle à ses traits de caractère - de même que l'atmosphère sombre des polars américains des années 50, imaginée par le scénariste Juan Díaz Canalès, ont assuré à cette création un vif succès, de même qu'une diffusion à l'étranger, puisqu'elle est traduite en une vingtaine de langues. Seul bémol? Le rythme de publication. Il s'est écoulé cinq ans entre les tomes 3 et le 4 et, mine de rien, deux ans ont déjà passé depuis la sortie de L'Enfer, le silence, et le duo n'a toujours pas accouché d'une nouvelle histoire...

«Le fait que ce soit une série où les albums sont des one shot, ça permet qu'on espace les sorties. C'est vrai qu'avec le quatrième tome, il y a des circonstances qui ont fait que ç'a trop tardé, car c'est une série qui a vocation à paraître tous les deux ans ou deux et demi, parce qu'elle est laborieuse à faire - un album représente entre un et deux ans de travail - et parce qu'il y a d'autres projets tout aussi intéressants dans d'autres registres qui m'intéressent.»

Un peu de Sorcelleries

Blacksad se fait peut-être attendre, or on ne peut dire que Guarnido se tourne les pouces. Après avoir quitté les studios d'animation de Walt Disney à Montreuil, près de Paris, pour donner vie à son célèbre inspecteur félin (2000), l'artiste s'est lancé dans Sorcelleries (2008). On découvre là encore une autre facette de son trait et un ton fort différent de celui de Blacksad, gorgé d'humour. C'est parce qu'il souhaitait une BD pour ses enfants qu'il s'était plongé dans ces aventures, dont le troisième album pourrait sortir à l'été.

«C'est un registre dans lequel je m'amuse beaucoup. Et en plus, j'ai énormément appris en faisant Sorcelleries par rapport à l'encrage. Je pense que l'encrage dans Blacksad est devenu meilleur grâce à Sorcelleries

Guarnido a beau être occupé, il veut continuer d'affiner son art en évitant de se limiter à ce qu'on connaît déjà de lui.

Aussi, tandis que l'adaptation cinématographique de Blacksad se fait toujours attendre - mais dans laquelle il n'est pas directement impliqué -, il est question d'une collaboration avec un scénariste le temps d'une histoire qui tiendrait en un seul volume. Or, le dessinateur reste peu bavard sur le sujet, car avant de s'y lancer, il doit animer la cinquième aventure de son détective. Chaque chose en son temps...

«Il y a un projet, une histoire, une volonté, mais je ne l'ai pas développé encore, alors il m'apparaît prématuré d'en parler maintenant.»

Juanjo Guarnido offrira des dédicaces au Centre des congrès le jeudi de 16h à 17h30, le vendredi de 18h à 19h30, le samedi de 16h à 17h30 et le dimanche de 12h à 13h30.

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