L'amour de la sagesse

Didier Fessou
Le Soleil

(Québec) Il s'appelle François Gauvin. C'est un essayiste qui écrit régulièrement dans le magazine français Le Point.

 

 

Docteur en philosophie, il a défendu une thèse portant sur la conception de l'histoire chez Heidegger. Il fut aussi chercheur associé à l'École Normale Supérieure de Fontenay-Saint-Cloud.

Dans son domaine, la philosophie, c'est une pointure.

En prime, cette précision qui ne laissera personne indifférent : François Gauvin est né à Québec en 1965.

Un autre de nos valeureux champions, quoi!

François Gauvin a voulu savoir où se situaient les valeurs des politiciens.

Il a questionné les candidats à l'élection présidentielle en France. C'est-à-dire Nathalie Arthaud, François Bayrou, Christine Boutin, Nicolas Dupont-Aignan, François Hollande, Eva Joly, Corinne Lepage, Jean-Luc Mélanchon, Hervé Morin, Frédéric Nihous, Marine Le Pen, Philippe Poutou, Nicolas Sarkozy...

Ses questions étaient élémentaires : Qu'est-ce que la parole en politique? A-t-on le droit de mentir? Y a-t-il une jouissance du pouvoir? La nature est-elle à la disposition de l'homme? Quelle responsabilité avons-nous à l'égard des animaux? Y a-t-il une différence absolue entre le bien et le mal? Qu'est-ce que le sacré? L'homme est-il naturellement sociable ou naturellement violent? Le désir de s'enrichir est-il naturel? De quoi parle-t-on quand on parle de la dignité humaine? Qu'est-ce que la démocratie? Qui est le peuple? Où passe le clivage droite/gauche? Le travail est-il un moyen de réalisation, d'épanouissement, ou une servitude? Comment définir le bonheur? La vie a-t-elle un sens? L'existence humaine comporte-t-elle sa part d'absurdité?

En réalité, des colles vicieuses du genre de celles que les profs aiment poser en cours de philo au collégial.

De préférence le lundi matin.

L'initiative de François Gauvin est pertinente. C'est avant et non après qu'il faut prendre le pouls de ceux qui mènent le bal et dictent notre conduite. Ont-ils la sagesse et le sens commun qu'on attend d'eux?

Sauf Nicolas Sarkozy, Christine Boutin, Jean-Pierre Chevènement et Dominique de Villepin qui ont refusé de se prêter à l'exercice, tous les autres candidats à l'élection présidentielle ont répondu aux questions de François Gauvin.

De leurs réponses, notre Québécois a fait un livre : Bayrou, Hollande, Joly, Le Pen, Mélenchon, Sarkozy... Leur philosophie. Publié par les Éditions Germina, cet ouvrage de 200 pages est constitué d'une quinzaine de chapitres qui sont autant de tête-à-tête.

L'éditeur précise que «les questions de François Gauvin sont susceptibles d'éclairer les électeurs en apportant un éclairage supplémentaire et inattendu aux idées défendues pendant la campagne électorale. Elles ne concernent pas directement les programmes mais la nature humaine, le progrès, le pouvoir, le bonheur, le sacré, l'espérance, le bien, le mal, la morale, la religion...»

Échantillon de réponses à la question De quoi parle-t-on quand on parle de la dignité humaine? :

- pour François Bayrou, la dignité «c'est la différence entre la civilisation et la barbarie»;

- pour François Hollande, «c'est le respect de l'identité de chacun et l'appartenance à un destin commun»;

- pour Eva Joly, «c'est le respect que l'on doit à tout être humain»;

- pour Jean-Luc Mélenchon «c'est le regard de l'autre qui vous fonde dans la relation humaine»;

- pour Marine Le Pen, enfin, la dignité «tient à la conscience que l'on a de soi-même».

Il n'y a pas que Caroline Moreno qui ronchonne contre les maisons d'édition. Ailleurs aussi il y a de la grogne. À preuve une recherche menée par la Société civile des auteurs multimédia et dévoilée lors du Salon du livre de Paris.

Le tiers des 1145 auteurs interrogés dans le cadre de cette recherche disent que leurs rapports avec leurs éditeurs ne sont pas satisfaisants. Et 8 % ajoutent que ces rapports sont conflictuels.

Selon Le Point et France-Presse, les sujets de mécontentement seraient de trois ordres :

1. La promotion des livres : 66 % des auteurs interrogés donnent une note de 5 sur 10 à leurs éditeurs. La Société civile des auteurs multimédia remarque que «les relations entre auteurs et éditeurs paraissent se crisper au fur et à mesure de la vie du livre».

2. Les revenus des auteurs : 60 % d'entre eux perçoivent moins de 10 % du prix de vente de leur livre. De plus, la majorité des contrats ne contiennent pas de clause spécifique pour la diffusion sur support numérique. La Société civile des auteurs multimédia constate que «cette situation contraste avec le discours très volontariste des maisons d'édition sur le sujet».

3. L'hermétisme des transactions commerciales : une majorité des auteurs interrogés ne reçoivent pas d'information sur l'état des ventes et lorsqu'ils en ont, ils la trouvent incompréhensible ou incomplète.

C'est pire concernant les traductions et les adaptations : «Un auteur sur quatre a eu connaissance d'une traduction de ses livres à l'étranger sans en avoir été informé par l'éditeur. Et 58 % reçoivent rarement ou jamais de droits à l'occasion d'une exploitation de leurs livres à l'étranger.»

La solution à tous ces problèmes? L'auto-édition.

Le Web propose de nombreux logiciels d'édition. Des auteurs aussi réputés que Stephen King, J.K. Rowling, Judy Blume ou Seth Godin s'y sont mis. L'an dernier, John Locke est devenu le premier auteur à vendre un million de livres numériques sur Amazon.

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