L'exposition Les arts en Nouvelle-France, qui s'ouvre jeudi au Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ), réunit plus de 160 objets qui nous sont parvenus des XVIIe et XVIIIe siècles. Le résultat est plutôt éloquent. «Même si ce ne sont que des fragments, ils sont très riches, très significatifs et très parlants», fait valoir le professeur Lacroix.
Les pièces sélectionnées sont tirées de la collection du MNBAQ ou prêtées par des musées, des fabriques et des communautés religieuses du Québec et de l'Ontario. L'ensemble constitue la toute première tentative de synthèse des arts en Nouvelle-France.
«On a essayé de tenir compte de l'ensemble de la production qu'il y a eu sous le régime français et de la représenter le mieux possible, explique M. Lacroix. Une fois qu'on a identifié les objets, les prêteurs se sont montrés très généreux.»
Le feu et la guerre
Plusieurs causes expliquent la perte de la majeure partie du patrimoine de la Nouvelle-France. Les incendies d'abord. À l'époque, tout brûle, les objets comme les bâtiments. Des villes entières y passent. Au moment de la Conquête, en 1760, les membres de l'aristocratie et de la bourgeoisie s'en retournent en France, chacun emportant avec lui son patrimoine.
Ensuite, aux XIXe et XXe siècles, les goûts et les modes changent. Les gens se débarrassent de leurs vieilles choses et optent pour des décors plus contemporains.
Les arts en Nouvelle-France vise très large. On y trouve aussi bien des peintures, des sculptures, des cartes, du mobilier et de l'argenterie que des manuscrits ou des objets en fer forgé. Depuis 30 ans qu'il sillonne le Québec pour son travail, Laurier Lacroix connaît à peu près tout ce qui y touche de près ou de loin.
«La nouveauté pour moi, dit-il, c'est de voir comment ces oeuvres, une fois réunies, s'imbriquent les unes dans les autres. On voit apparaître toute une époque à travers ces objets-là. On en comprend l'esprit, le goûtet l'esthétique.»
La mise sur pied de l'exposition a donné lieu à la restauration d'ouvrages importants. Le résultat est spectaculaire. On se doutait que le petit Jésus couché au centre de La Nativité de Trophime Bigot, un disciple du Caravage, était plus lumineux que ce qu'on voyait sur le tableau. Le retrait d'une épaisse couche de vernis a effectivement redonné son éclat d'origine à cette oeuvre appartenant aux Augustines de L'Hôtel-Dieu de Québec.
Sur l'Ex-voto de Notre-Dame-de-Liesse, une huile sur toile prêtée par la fabrique de Rivière-Ouelle récemment nettoyée, on peut par ailleurs admirer le paysage d'hiver le plus ancien recensé en Nouvelle-France.
L'exposition Les arts en Nouvelle-France est présentée jusqu'au 28 avril 2013.